Xavier Duret pose près du réacteur d’hydrolyse de la biomasse, prototype dont son entreprise se servira pour la production de l’éthanol de deuxième génération, un combustible fournissant une énergie renouvelable qui se traduira par des gains appréciables sur le plan de l’environnement.

RéSolve Énergie voit grand

RéSolve Énergie, une nouvelle entreprise encore dans sa première année d’émergence à Saint-Romain, dans la région de Mégantic, cherche à faire sa place dans le nouveau créneau des énergies propres.

L’entreprise a pour objectif de produire un biocarburant sur une base industrielle, d’après un procédé développé à l’Université de Sherbrooke, au Laboratoire des technologies de la biomasse, avec des caractéristiques révolutionnaires en termes d’efficacité et d’avantages écologiques.

RéSolve Énergie ne compte que deux employés, pour l’instant, à l’étape du design pilote,  et s’active à mettre en place une usine de démonstration, dans le but d’en venir à la création d’une usine de production.

«Les informations que nous recueillons à l’échelle pilote seront validées et serviront à créer le design de l’usine de démonstration. Nous visons résoudre les problèmes causés par l’éthanol de première génération, produit à partir de grains de maïs, au Québec, de canne à sucre, au Brésil, même de betterave à sucre ailleurs! Nous voulons nous servir de toute la plante, pas seulement des grains de maïs, mais également de biomasse végétale provenant de résidus agricoles et forestiers, comme les écorces d’arbres, de même que toutes les composantes de cette matière première, comme la cellulose, la lignine, etc. Les écorces constituent la partie de l’arbre qui est la moins revalorisée dans l’industrie du bois, et qui est même tout simplement enfouie, malheureusement», explique le vice-président en recherche et développement, chez RéSolve Énergie, Xavier Duret.

«Prenons la cellulose. Nous la convertissons en glucose par une hydrolyse non enzymatique et, par la suite, une fermentation la transforme en éthanol de seconde génération. Le procédé d’extraction des sucres donne également un coproduit granulé, semblable aux granules que des usines produisent à partir du bois et qui servent au chauffage des maisons l’hiver, pour les poêles et foyers à combustion lente, par exemple.»

Usines satellites 

RéSolve Énergie prévoit créer des usines satellites implantées près des scieries et de producteurs forestiers en région, sources de matières premières en biomasse, comme les écorces, entre autres. Cela afin de minimiser leur transport. Ces usines satellites produiraient les granules et alimenteraient en sucres une bioraffinerie centralisée qui produirait jusqu’à 150 millions de litres d’éthanol par année. Six de ces bioraffineries seraient disséminées sur une partie du territoire québécois.

«Il s’agirait du principe d’économie circulaire, car cette énergie propre, renouvelable, à partir de matière végétale résiduelle d’autres industries, serait brûlée par les utilisateurs, et le C02 produit serait récupéré par les plantes qui recommenceraient le cycle. Ce principe intègre les aspects économiques, bien sûr, mais également sociaux – en améliorant la qualité de vie des communautés –, et les avantages environnementaux, les trois piliers du développement durable», continue M. Duret.

«De plus, le coproduit du traitement de la lignine, les granules, ont des propriétés supérieures aux granules déjà sur le marché. Ils produisent 50 pour cent plus d’énergie quand ils brûlent et sont de beaucoup plus résistants à l’humidité, ce qui est un réel avantage pour leur transport et leur stockage, moins contraignants. Nous visons en mettre sur le marché à brève échéance. Et la production de cet éthanol et de ces granules a l’avantage d’utiliser toute la biomasse.»

Au début de juillet, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, Pierre Dufour, visitait l’usine de Saint-Romain et remettait au président de RéSolve Énergie, André Proulx, une subvention de 200 000 $ provenant du Programme Innovation Bois. Cette aide financière servira à compléter le pilote par l’installation d’un système de purification de l’éthanol, afin d’atteindre un grade de biocarburant d’une pureté de 99,7 pour cent. L’ajout aux équipements d’une granuleuse performante pour la fabrication de granules est également prévu.