L’un des propriétaires des chalets Domaine Le Marquis, Michel Houde (à gauche), a assisté à la rencontre, au terme de laquelle il a pris la parole pour rassurer les Diligents sur ses intentions. Ceux-ci lui ont plutôt réservé un accueil glacial.

Résidences touristiques: échanges houleux à Stukely-Sud

Il n’est pas encore certain que l’entreprise Domaine Les Marquis pourra régulariser ses activités de location dans deux chalets de la rue Sabrina. Les Dilligents opposés aux modifications du règlement de zonage devant permettre l’exploitation de résidences de tourisme et de gîtes touristiques dans ce secteur de Stukely-Sud se sont bruyamment fait entendre lors de l’assemblée de consultation publique portant sur ces changements.

Les explications de l’officier municipal Bastien Lefebvre n’ont pas convaincu la cinquantaine de personnes ayant assisté à la rencontre tenue lundi soir à la mairie.

Le nouveau directeur général adjoint a rappelé que les futures demandes de permis pour exploiter une résidence de tourisme ou un gîte dans la zone RUR-4, advenant l’entrée en vigueur des modifications réglementaires demandées par l’entreprise pour régulariser sa situation, devraient répondre à plusieurs critères, dont la superficie maximale que peut occuper l’usage dans la résidence, le nombre de chambres à louer et son nombre maximal d’occupants, de même que le nombre d’espaces de stationnement à prévoir. Les propriétaires concernés devront également être accrédités par la Corporation de l’industrie touristique du Québec et remplir plusieurs formulaires de déclarations pour être conformes.

Le principe de complémentarité et d’harmonie des usagers devra par ailleurs être respecté. « C’est donc dire, par exemple, qu’il serait mal vu qu’une résidence de personnes âgées vienne s’établir à côté d’une résidence de tourisme où des gens font la fête », a illustré M. Lefebvre.

« Mais on est tous âgés ! », a rétorqué un citoyen, provoquant l’hilarité de l’assemblée composée, pour la très forte majorité, de gens du bel âge.

Les rires ont repris de plus belle, cette fois-ci avec sarcasme, lorsque l’officier a affirmé que les futures résidences de tourisme devront être localisées « de façon à ne pas être une source de bruit susceptible de troubler la quiétude, le repos ou la paix du secteur ou des voisins ».

Selon des résidents de ce secteur, les locataires de ces chalets, qui peuvent accommoder environ une quinzaine de personnes chacun selon des annonces publiées en ligne, profitent de leur séjour pour faire la fête et troubler la quiétude du quartier.

Cela n’a pas empêché M. Lefebvre d’affirmer à un certain moment durant sa présentation qu’à ce jour, « il n’y a pas de résidence de tourisme à Stukely-Sud ». Il s’est repris un peu plus tard en mentionnant à au moins deux reprises « qu’il ne devrait pas y en avoir actuellement ».

Flou

Les citoyens ont également fait part de leur inquiétude face au flou entourant la détermination de la proportion de résidences touristiques par rapport au nombre de maisons. « Très honnêtement, lorsqu’on est venus s’installer ici, ce n’était pas en lien avec un ratio possible entre les résidences et les résidences de tourisme, mais pour la tranquillité. Ça ne me rassure pas d’entendre que ce ratio pourrait être déterminé de manière arbitraire », a fait valoir Isabelle Marissal.

La citoyenne a par la suite décoché une flèche aux élus. « La parole des citoyens ne se fait pas entendre à la mesure de ce qu’elle devrait ni à la hauteur des promesses qui nous ont été faites par les personnes qui composent ce conseil municipal », a-t-elle clamé sous les applaudissements des gens présents dans la salle.

Prise de becs

L’un des propriétaires des chalets Domaine Le Marquis, Michel Houde, a assisté à la rencontre, au terme de laquelle il a pris la parole pour rassurer les Diligents sur ses intentions. Ceux-ci lui ont plutôt réservé un accueil glacial, alors que le ton a monté du côté citoyen.

« On comprend vos inquiétudes, et nous aussi on veut la quiétude, a réitéré M. Houde. On veut faire les choses correctement. »

« On n’a aucun avantage là-dedans, a rétorqué un Diligent. Quand tu n’es pas sur place, tu n’as aucun contrôle sur ce qui se passe dans tes chalets ! »

Un autre citoyen a fait valoir que les courts séjours sont plus susceptibles de mal tourner. « Quelqu’un qui serait là pendant 30 jours sera plus frileux de déranger, mais celui qui loue pour trois jours va s’en foutre parce qu’il ne me reverra pas après être parti ! » a-t-il dit.

Mais il faut faire la part des choses, s’est ensuite défendu M. Houde, affirmant que certains citoyens se plaignant du bruit de sa clientèle « parlaient des deux côtés de la bouche » en contrevenant eux-mêmes au calme du quartier.

L’homme d’affaires a affirmé qu’il était « dommage » que les citoyens lui imposent une fin de non-recevoir alors que son entreprise vise à offrir des emplois dans la localité et à la faire découvrir à des touristes.

Seule une jeune femme s’est rangée derrière l’entrepreneur. « C’est assez décevant votre manque d’ouverture d’esprit, a-t-elle déclaré, très émotive. Je vis ici depuis mon enfance, et je trouve ça beau les touristes qui viennent nous visiter. »

REGISTRE ET RÉFÉRENDUM

La pétition d’une quarantaine de noms ayant été acheminée à la mairie plus tôt cette année ne peut pas faire partie du processus légal de modification réglementaire, a indiqué l’officier municipal Bastien Lefebvre.

Les citoyens concernés peuvent dès maintenant demander la tenue d’un registre, et ce, jusqu’au 17 juillet. Dans leur demande, ils devront nommer le projet de règlement en question de même que les éléments qu’ils contestent. Une douzaine de signatures en appui sera nécessaire pour rendre cette requête recevable à la mairie.

Si un registre est tenu, un nombre minimal de signatures, établi selon la plus récente liste électorale, devra par la suite y être compilé pour permettre la tenue d’un référendum.