Yves Desjardins, président du Regroupement québécois des résidences pour aînés.

Résidence Sawyerville: la RQRA s’explique mal la perte de la certification

Le président du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) Yves Desjardins s’explique mal comment la Résidence Sawyerville a perdu sa certification de résidence privée pour aînés, l’établissement n’ayant jamais fait l’objet d’enquêtes majeures comme ce fut le cas au pavillon Argyll.

Le président du RQRA se questionne à savoir si les reproches faits aux administrateurs de la Résidence Sawyerville justifient une fermeture si rapide, lui qui connaît et fréquente M. Parenteau dans le cadre de ses fonctions depuis plusieurs années.

À lire aussi: Résidence Sawyerville: une autre tuile sur Alain Parenteau

« Beaucoup de détails semblent manquer dans cette histoire », remarque-t-il d’emblée. « Je connais bien M. Parenteau, il participait à nos activités et on a échangé à plusieurs reprises. J’ai visité sa résidence à Sawyerville à l’été 2017 et j’y ai trouvé un bon lieu d’hébergement avec des employés compétents. Selon nous, il faisait un très bon travail et les résidents ne se plaignaient pas, donc on comprend mal pourquoi il était impératif de fermer dans un délai de neuf jours. » 

M. Desjardins reconnaît que le nombre de fermetures volontaires de résidences augmente considérablement depuis quelques années, surtout dans les petits milieux comme Sawyerville, sans toutefois observer régulièrement des révocations de certification comme ce fut le cas à la résidence de M. Parenteau.

Pavillon Argyll

« Quand on regarde la situation du pavillon Argyll, il y a de cela un peu plus d’un an, il y a eu un rapport dévastateur qui a été fourni par les inspecteurs quant à diverses violations et leur certification n’a pas été révoquée », rappelle-t-il. « On se demande pourquoi celle-là n’a pas dû fermer ses portes alors que les enquêteurs avaient des preuves tangibles, les faits reprochés n’étant pas aussi clairs dans le cas de la Résidence Sawyerville. S’il n’y a pas de danger pour la vie des résidents, on privilégie habituellement une fermeture plus graduelle. »

Inquiété par les fermetures de plus en plus courantes depuis la tragédie de L’Isle-Verte, qui a amené une réforme forçant les propriétaires à investir des sommes considérables dans des équipements de sécurité, M. Desjardins croit fermement que des mesures pour éviter les fermetures rapides devraient être adoptées par le gouvernement. 

« Les grands perdants dans toutes les histoires de ce genre, ce sont les aînés. Ce sont toujours eux qui sont impactés le plus et ça contribue à leur détresse. Tout juste samedi passé, un résident d’une résidence de Trois-Rivières qui a fait faillite a tenté de mettre fin à ses jours suite à l’annonce de ce grand bouleversement. On ne peut pas faire vivre cela à nos aînés en ayant la conscience tranquille. Cependant, les cadres du CIUSSS de l’Estrie-CHUS ne sont pas dénudés de sens, ils doivent avoir leurs motifs même si ce n’est pas évident de les identifier », s’interroge le président du regroupement, appelant à la mobilisation de la population pour faire changer les choses.