Nicholas Dostie, copropriétaire de Remorquage Orford.

Remorquage Orford en infraction?

Remorquage Orford doit partiellement revoir ses façons de faire à la demande de la Ville de Magog, qui estime que ses employés n’ont pas le droit d’offrir un service de remorquage à partir de maisons situées en zone résidentielle. Les dirigeants de l’entreprise digèrent très mal ce que leur demande la municipalité.

La Ville de Magog a reçu une plainte relativement à des activités de nature « commerciale » exercées par quelques employés de Remorquage Orford depuis leur domicile. La municipalité exige que l’entreprise prenne vite des mesures pour corriger la situation, sans quoi elle s’exposera à une amende de plus de 1000 $.

Pendant un moment ces derniers mois, jusqu’à trois employés de la PME magogoise ont habité dans un même immeuble dans le secteur Southière, à Magog. Ils revenaient tous à la maison avec une dépanneuse le soir et les week-ends afin d’être prêts à intervenir rapidement en cas d’appels de clients.

Copropriétaire de Remorquage Orford, Nicholas Dostie déplore l’intervention de la municipalité, car cette dernière pourrait entraîner une diminution de la qualité du service offert à la clientèle.

« Le jour, on part du bureau, dans le parc industriel, pour faire nos remorquages, confie M. Dostie. Mais, en soirée et les fins de semaine, on donne le service à partir de chez nous. C’est le genre de chose que font plusieurs de nos compétiteurs dans la région et ailleurs au Québec. Je pense que la Ville ouvre la porte à plein de plaintes parce que notre façon de faire est répandue. »

Le copropriétaire de Remorquage Orford est d’autant plus irrité par la demande de la Ville que la pénurie de main-d’œuvre qui sévit actuellement rend déjà difficile le recrutement de nouveaux employés. « C’est pratique pour les gars de pouvoir être chez eux les soirs et les fins de semaine. Ça nous nuirait si on perdait ça. »

Hamm en mode solution

Mairesse de Magog, Vicki-May Hamm évite de condamner l’entreprise sur la place publique. Elle s’efforce plutôt de démontrer de la bonne volonté et souhaite qu’une « solution à la problématique soit trouvée ».

Dans la foulée, Mme Hamm affirme que sa municipalité n’a pas le choix d’agir puisqu’une plainte a été déposée et que des activités non conformes ont été constatées.

« Cette histoire ressemble vraiment à une chicane de voisins. Avec les années, les gens deviennent moins tolérants. On le voit à travers différents dossiers », affirme la mairesse de Magog.

Directeur de la planification et du développement du territoire à la Ville, Réal Girard souligne pour sa part qu’il est possible pour certains types de travailleurs de posséder un bureau à la maison et de stationner un véhicule de travail dans leur cour. Mais il y a des balises à respecter pour ces personnes.

« La ligne n’est pas si claire pour séparer les activités permises de celles commerciales, c’est vrai. Ce qu’il faut comprendre par contre, c’est qu’en secteur résidentiel les gens s’attendent à avoir du calme durant la nuit et un va-et-vient de camions peut empêcher ça », déclare M. Girard.

Tout comme Vicki-May Hamm, le directeur de la planification et du développement du territoire de la Ville paraît ouvert à la discussion. « L’idée, ce n’est pas de toujours donner un constat d’infraction dès le départ. On s’adapte en fonction des dossiers », assure-t-il.