Lisette Maillé

Rejets de polyfluoroalkyle dans le Memphrémagog : Casella crie à l’injustice

L’entreprise américaine Casella Waste Systems estime qu’il est injuste qu’on la montre du doigt en ce qui concerne les rejets de polyfluoroalkyle (PFA), un type de produits très néfaste pour l’environnement, dans le lac Memphrémagog. Le laxisme des autorités canadiennes constitue, selon elle, la véritable source du problème.

Dans une lettre parue dans plusieurs journaux américains, le grand patron de Casella Waste Systems, John W. Casella, s’efforce de démontrer que les Vermontois auraient tout avantage à regarder au nord de la frontière canado-américaine avant de s’en prendre à l’organisation qu’il dirige, laquelle est notamment propriétaire du site d’enfouissement de Coventry.

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« Les normes canadiennes en matière de PFA, pour les rejets d’eaux usées, sont beaucoup moins importantes que celles du Vermont », affirme notamment M. Casella dans sa lettre.

Dans la foulée, il soutient que les Vermontois devraient à l’avenir faire le nécessaire « pour s’assurer que les voisins du Canada font aussi leur part pour protéger l’environnement ».

John Casella cible notamment deux organisations vouées à la protection du lac Memphrémagog dans sa lettre. Il reproche en effet à l’organisme Memphrémagog conservation inc. (MCI) et au regroupement baptisé Don’t Undermine Memphremagog Purity (DUMP) d’avoir fait dévier le débat avec leurs interventions concernant le projet d’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry.

Il faut savoir que la question du rejet de PFA dans l’environnement préoccupe beaucoup les habitants du Vermont parce que, à certains endroits dans cet état, ces contaminants ont causé des problèmes non négligeables.

Incomplet

Présidente du comité de développement durable de la MRC de Memphrémagog, Lisette Maillé est forcée de reconnaître que la réglementation relative au PFA, au Vermont, est plus sévère que celle en vigueur au Québec. Elle affirme toutefois que le commentaire de John Casella a une portée limitée puisqu’il se concentre uniquement sur une facette de la problématique existante.

« La pollution ne se résume pas aux PFA quand on parle du lac Memphrémagog. D’autres choses sont aussi en cause et je pense ici aux métaux lourds, par exemple. Puis M. Casella oublie de dire que nous, au Québec, on ne permet pas aux usines d’épuration d’émettre des rejets dans des bassins d’eau potable alors que c’est précisément ce qu’on observe à Newport, à l’extrémité sud du lac », explique Mme Maillé.

Par ailleurs, celle qui est également mairesse d’Austin note que les quantités de phosphore et d’azote qui aboutissent tous les ans dans le lac Memphrémagog proviennent en large partie des États-Unis. Ces deux éléments contribuent à la prolifération des plantes aquatiques dans le plan d’eau.

Pour sa part, le député d’Orford, Gilles Bélanger, affirme que l’Agence des ressources naturelles, au Vermont, fait présentement un travail fort utile en recueillant des données relatives aux PFA.

« Il est de notre devoir de protéger cette ressource, de poser des questions et d’appliquer le principe de précaution, ajoute en contrepartie M. Bélanger. Nous sommes heureux que la commission environnementale du district sept, au Vermont, nous ait entendus et qu’elle ait interdit le traitement à l’usine de Newport du lixiviat provenant de Coventry jusqu’à ce que l’innocuité soit prouvée. »