Deux citoyens se trouvent à la tête du mouvement de contestation, soit Jean-Claude Boutin et Miroslav Chum.

Réfection du barrage à Mégantic : des citoyens s'y opposent

LAC-MÉGANTIC — Des Méganticois veulent initier un mouvement de contestation contre le projet de la Ville de Lac-Mégantic de procéder à la réfection du barrage situé entre le Lac aux Araignées et la Rivière aux Araignées. Ils enjoignent les autres citoyens à aller signer le registre pouvant mener à la tenue d’un référendum au sujet du règlement d’emprunt de 685 500 $ prévu pour les travaux de restauration.    

La tenue du registre aura lieu le mercredi 16 janvier, de 9 h à 19 h, au bureau du greffe municipal. 500 signatures sont nécessaires pour que ce référendum soit officiellement obtenu par la population.

Deux citoyens se trouvent à la tête du mouvement de contestation, soit Jean-Claude Boutin et Miroslav Chum.

« Je veux former un groupe de personnes pour les convaincre d’aller signer le registre. Ce groupe est commencé. J’ai déjà des noms et des contacts. Je vise qu’il y ait plus de 500 signatures pour que le règlement d’emprunt soit refusé. Nous voulons demander à la Ville de refaire ses devoirs pour un projet beaucoup moins coûteux, ce qui est possible selon les informations que nous avons obtenues pour un barrage par empierrement », insiste M. Boutin.

M. Chum, qui est ingénieur expert en barrages de petite taille, a acheminé deux lettres au conseil municipal, sans obtenir aucune réponse, ce qu’il déplore. La première lettre, du 5 décembre 2017, questionnait le conseil au sujet d’une dépense pour une étude préliminaire au coût de 23 000 $, alors qu’une étude de sécurité précédente, en 2011, par la firme Genivar, avait déjà conclu à un seuil en enrochement comme meilleure solution pour la consolidation du barrage.

« Les montants engagés pour les services professionnels dans ce dossier s’approchent déjà de 40 000 $, sans les plans et devis, alors que ceux pour un barrage trois fois plus grand, dans la région de Thetford, à l’Étang Stater, n’ont pas atteint 20 000 $ », faisait-il valoir.

« Les frais pour la construction d’un barrage similaire à Lac-Drolet n’ont pas dépassé 15 000 $. »

Durant sa carrière de 20 ans, M. Chum a œuvré pour l’érection d’au moins une quinzaine de barrages similaires. Il ne digère pas le montant de 685 500 $ qu’il juge très exagéré, ce qu’il formulait dans sa deuxième lettre du 19 novembre 2018.

« À titre d’exemple, le coût de la reconstruction du barrage de la rivière Bécancour, d’une longueur trois fois plus importante, s’est élevé à 250 000 $... », y écrivait-il.

Réfection permanente nécessaire

La mairesse de Lac-Mégantic, Julie Morin, affirme que le simple empierrement ne suffit plus pour la réfection du barrage.

« Une réfection temporaire n’est plus acceptable pour le ministère de l’Environnement. On veut et on doit le réparer comme il faut, on veut bien faire les choses, on est capable de justifier toutes les démarches légales nécessaires. C’est beaucoup de sous, mais c’est une réfection pour que ça dure de nombreuses années. Il y a eu beaucoup d’empierrement effectué par le passé, mais ça ne suffit plus, il faut travailler la base du barrage à l’aide de palplanches, mais je ne veux pas entrer dans les détails techniques », a indiqué Mme Morin en entrevue.

« C’est un projet régional. Car le barrage est usé et a aussi des impacts sur le niveau du Lac aux Araignées. C’est important, les algues, les riverains… Nous avons des idées pour le développement du site, qui ont été laissées de côté à cause de la tragédie. Nous nous sommes assis avec la Municipalité de Frontenac et avons déterminé les meilleures options. Frontenac se doit d’être impliquée, nous verrons au financement ensemble. »

« Un fonds spécial pour les barrages a été annoncé, nous nous préparons pour obtenir le plus de subventions possible. Ce sont des évaluations préliminaires que nous avons effectuées pour que notre dossier soit bien monté et ficelé. »

La mairesse a confirmé avoir reçu la lettre récente de M. Chum.

« Si monsieur Chum a des solutions à me donner pour la réfection de ce barrage, d’accord. Mais nous avons suivi les études qui ont été réalisées, comme nous devions le faire. La tenue du registre est une étape normale, démocratique, pour que le citoyen puisse s’exprimer… Si ce ne sont que deux personnes qui manifestent de l’opposition, ce n’est pas un mouvement de contestation. Et le montant avancé inclut tous les coûts possibles. Un des exemples que donne M. Chum, le barrage de Nicolet, de 75 mètres de long, a une hauteur de 1,8 mètre, alors que celui du Lac aux Araignées a 3,7 mètres, le double de la hauteur. C’est différent! » a-t-elle conclu.

Rappelons que la Ville de Lac-Mégantic a acheté le barrage il y a environ quatre ans pour sécuriser le site des fouilles archéologiques baptisé Le Méganticois.