Pour le dépôt volontaire du verre, en tenant pour acquis que ce ne sont pas tous les citoyens qui participeront à ce service, le manque à gagner pour Récup Estrie pourrait être d’environ 125 000 $.

Récup Estrie et Valoris attendent des réponses

La Ville de Sherbrooke n’a pas réagi, jeudi, à la nouvelle politique de consigne du verre et du plastique du gouvernement Legault. Alors que le président de Récup Estrie soulevait plusieurs questions sur la façon dont la récupération sera organisée, le directeur général de Valoris, lui, estime que toute réduction de l’enfouissement de matières résiduelles est une bonne nouvelle.

À la Ville de Sherbrooke, tant la directrice du Bureau de l’environnement, Ingrid Dubuc, que la présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout, ont indiqué vouloir prendre du temps pour se documenter davantage sur les intentions du gouvernement avant de commenter. 

« À première vue, les impacts sont difficiles à évaluer. On avait étudié l’impact du dépôt volontaire du verre à Sherbrooke, mais là, c’est beaucoup plus large », commente pour sa part le président de Récup Estrie, Pierre Avard. 

Pour le dépôt volontaire du verre, en tenant pour acquis que ce ne sont pas tous les citoyens qui participeront à ce service, le manque à gagner pour Récup Estrie pourrait être d’environ 125 000 $. M. Avard confirme que les contenants consignés, comme les cannettes, ne sont pas complètement détournés du tri pour le moment.

« Nous avons régulièrement des camions remplis de cannettes qui partent de chez Récup Estrie. Les gens trouvent que c’est plus simple de les mettre dans le bac vert. »

« J’ai hâte de voir comment le gouvernement va mettre son plan en application. C’est l’industrie qui a amené les problèmes en choisissant des formats qu’elle n’avait plus besoin de récupérer. En ce moment, le carton et le plastique sont des bons vendeurs. Si nous n’avons plus de matières, il va peut-être falloir avoir de nouveaux critères pour notre financement. Cette nouvelle forme de consigne peut avoir un impact sur tous les autres centres de tri. »

L’an dernier, le verre représentait environ 18 % des matières reçues à Récup Estrie. « Il faut voir, si Recyc Québec reçoit plus de matière, donc plus d’argent, peut-être choisira-t-il d’augmenter nos ristournes ou de répartir les profits parmi les centres de tri. Dans tout ça, ce qu’il manque, c’est de trouver des industries à proximité qui vont recycler ces matières. »

Pierre Avard se demande aussi s’il y a un gain environnemental à faire à multiplier le nombre de camions qui se déplaceront pour récupérer les différentes matières.

« C’est assurément un pas dans la bonne direction pour l’environnement, mais on devrait regarder pour être capable de garder les matières au Québec ou dans la région. » 

Chez Valoris, le directeur général Denis Gélinas estime qu’une réduction des matières résiduelles acheminée à Bury est une bonne nouvelle. « Les contenants de plastique et de verre vont davantage chez Récup Estrie, mais ils représentent à peu près 4 % du poids des matières que nous recevons. Si tout le monde fait ses devoirs, nous aurions entre 1500 et 2000 tonnes de moins annuellement. La plus grosse masse de nos déchets provient de la matière organique. »

M. Gélinas ajoute que Valoris cherchera à savoir s’il est pertinent, dans le cadre de la nouvelle politique, de convenir d’un partenariat qui pourrait mener à des activités de tri à la régie. « Nous avons des équipements qui peuvent faire le tri des matières qu’on veut. Si des gens sont intéressés à voir ce que Valoris est capable de faire, nous les écouterons. »