À quelques jours de la rentrée scolaire, les consignes de retour au travail changent pour le personnel. 
À quelques jours de la rentrée scolaire, les consignes de retour au travail changent pour le personnel. 

Rappel au travail : la démarche va miner la confiance, croit le SEE

La dernière annonce du gouvernement Legault, de rappeler au travail les enseignants et éducatrices entre 60 et 69 ans, va « minimiser la confiance envers la démarche du gouvernement », a réagi le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE), Richard Bergevin, mercredi après-midi.

Rappelons qu’au départ, Québec avait annoncé que les enseignants de 60 ans et plus n’auraient pas à se présenter au travail en prévision de la rentrée scolaire. En point de presse mercredi, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a fait savoir que le facteur de risque a été établi à 70 ans et que par conséquent, les gens de moins de 70 ans pouvaient retourner travailler.

« Depuis le début, on dit que la science a préséance sur la politique. On commence à se questionner, à douter (...) La science devrait nous dire ce qui est bon de faire... Si la science change d’avis, on doit nous le démontrer », note M. Bergevin, qui ajoute que le gouvernement pourrait aussi décider de repousser la rentrée.

Le SEE représente 3500 enseignants des commissions scolaires francophones estriennes, soit la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), des Sommets (CSS) et des Hauts-Cantons (CSHC).

Cette annonce survient alors que dans bon nombre de milieux, le taux de fréquentation des écoles dépasse les 50 % attendu par le ministère de l’Éducation.

À la CSRS et à la CSHC, par exemple, ce taux grimpe à 67 %. Il s’agit du taux obtenu selon les dernières données disponibles, basées sur les réponses des parents, qui avaient répondu, lundi, dans une proportion de 92 et 94 %.

Or, dans plusieurs milieux scolaires, une forte proportion du personnel prévoyait être absent.

En plus de l’âge, les motifs de non-retour au travail touchent entre autres les gens qui ont des maladies chroniques non contrôlées, des maladies auto-immunes et les femmes enceintes ou qui allaitent.

Comment les commissions scolaires se gouverneront-elles à la lumière de ces nouvelles informations à quelques jours de la rentrée?

À la CSRS, on indique que l’organisation va demander aux gens de 60 ans et plus de travailler, mais s’ils évoquent des motifs de santé, ceux-ci seront considérés. La situation sera traitée avec sensibilité et humanité, assure-t-on.

Une lettre signée par le directeur de la Santé publique de l’Estrie, Dr Alain Poirier, a été envoyée aux parents estriens, mercredi.

Il rappelle entre autres que le retour en classe se fait sur une base volontaire. La présence des enfants n’est toutefois pas recommandée avant septembre 2020 pour ceux qui ont une maladie chronique ou un déficit immunitaire grave ou encore les enfants qui demeurent avec une personne ayant un déficit immunitaire, une maladie chronique ou une femme enceinte. Il note aussi qu’une infirmière de la santé publique va communiquer avec l’école pour évaluer ses besoins. Les deux demeureront en contact jusqu’à la fin de l’année scolaire.