La fermeture du guichet automatique de Racine est prévue pour le mois de décembre prochain. Desjardins avait annoncé son objectif de centraliser ses activités à la caisse de Valcourt en septembre dernier.

Racine : le retrait du guichet pourrait nuire aux producteurs

Une pétition de plus de 900 noms a été déposée lundi soir à l’assemblée générale de la Caisse Desjardins du Val-Saint-François par un groupe qui conteste le retrait du guichet automatique de Racine. Cette fermeture pourrait nuire aux commerçants qui vendent leurs produits, entre autres, au Marché Locavore.

« Les samedis matin, les gens qui vont au marché utilisent beaucoup le guichet automatique, assure la propriétaire de Blanc Marronnier, Josée Larouche, qui expose ses produits à cet endroit. Une grande majorité des transactions sont faites en argent comptant. Nos producteurs n’ont pas nécessairement les revenus qui leur permettent d’avoir le système qui accepte les cartes. C’est problématique pour les producteurs qui sont présents au marché. Si les consommateurs manquaient d’argent, ils allaient chercher des sous au guichet. Les envoyer à Valcourt, c’est loin. »

Selon elle, le Marché Locavore jouit d’un bel achalandage. Le retrait du guichet automatique pourrait jouer en défaveur des producteurs locaux. « L’an dernier, en moyenne, on avait plus de 800 personnes par samedi matin. On est allés jusqu’à 1600 personnes. S’il avait fallu envoyer ces gens à Valcourt, on n’aurait pas eu le même revenu comme producteur et le même service donné aux clients qui se déplacent. On a de beaux produits, mais on va se retrouver avec un problème de liquidité », prévoit Mme Larouche.

Cartes bancaires

Si elle n’acceptait pas les cartes de crédit et de débit l’an dernier, Mme Larouche a changé son fusil d’épaule. Elle a dû s’acheter un terminal commercial, puisqu’elle s’est fait refuser le petit gadget qu’on peut brancher sur son téléphone intelligent. « Ça va me coûter beaucoup plus cher, déplore-t-elle. À un moment donné, on ne peut pas augmenter nos prix pour couvrir ces frais. On doit les absorber. Ce n’est pas facile. On a des petits revenus. On veut offrir ce service, mais ce n’est pas tout le monde qui peut se le permettre », affirme-t-elle.

De plus, comme la machine fonctionne avec Internet et que le réseau n’est pas à son meilleur, les commerçants doivent sortir de leur kiosque pour finaliser les transactions. « Si 25 personnes demandent en même temps pendant que quatre ou cinq personnes attendent après nous, ils vont peut-être partir. Ils veulent être servis au moment où ils viennent à notre kiosque, ils ne reviendront pas trois fois et ils ne veulent pas attendre 20 minutes », analyse l’entrepreneure.

Abandonnée

Josée Larouche se sent abandonnée par Desjardins. « Ce qui a bâti le Mouvement Desjardins, c’est le service de proximité. C’était sa force. On se retrouvait comme membre. Finalement, on se retrouve abandonnés dans tout ça. J’ai été fidèle à Desjardins jusqu’à maintenant, même si des conseillers financiers me disaient que je payais cher pour mes services. Il y a une perte de sens à ce membership », affirme-t-elle.

Qu’est-ce qu’elle attend de son intervention à l’assemblée générale? « Je rêve d’avoir une oreille, que ce soit envoyé un peu plus haut et qu’ils réfléchissent un peu. Est-ce qu’on va avoir un guichet automatique l’an prochain? J’ai peu d’espoir. Mais si on ne dit rien comme membre, pourquoi être membre? », résume-t-elle, ajoutant que la municipalité ne soutient pas le groupe, mais un conseiller municipal est dans le comité.