Des membres d'organismes communautaires ont manifesté mercredi avant-midi au centre-ville de Sherbrooke.

Que Québec passe «de la parole aux actes»

À quelques semaines du budget provincial, le milieu communautaire estrien se mobilise. Mercredi, 350 personnes provenant de différents organismes ont formé un front commun sans précédent pour inciter le gouvernement du Québec de passer «de la parole aux actes».

Si le gouvernement Couillard se vante de faire des surplus, ceux-ci sont le résultat des coupes draconiennes dans les services publics, dénonce Claudelle Cyr, directrice du Regroupement des organismes communautaires de l’Estrie.

Lire aussi: Des manifestants bloquent les bureaux du PLQ à Québec

Le communautaire redemande un rehaussement du financement

« Dans cette période préélectorale, il tente de nous faire oublier la période sombre de l’austérité en réinvestissant au compte-goutte les dollars subtilisés à la population par ses propres mesures », s’insurge-t-elle.
«Ces coupes ont permis de dégager des surplus de 4,5 milliards $ qui auraient pu être réinvestis dans les services publics et les organismes communautaires.  
Les représentants des groupes sociaux s’étaient donné rendez-vous au Granada du centre-ville de Sherbrooke, mercredi avant-midi. Certains organismes avaient fermé leurs portes pour l’occasion.
Cette action s’inscrit dans le cadre de la campagne nationale « Engagez-vous pour le communautaire ». Cette campagne réclame 475 millions $ pour l’ensemble des 4000 organismes d’action communautaire autonome du Québec. Cette somme représente 0,5 pour cent des revenus totaux de l’État, évalués à 105 milliards $.  
On observe une tendance lourde du gouvernement à se servir des organismes communautaires pour réparer les ravages causés par ses propres politiques. Bien qu’il reconnaisse le travail colossal accompli par les organismes communautaires, le gouvernement ne semble pas prêt à les soutenir adéquatement, ni à s’engager à respecter leur autonomie, martèle Dominique Vigneux Parent, coordonnatrice de la Table ronde des OVEP de l’Estrie.
« Une politique nationale sur l’action communautaire reconnaît que la communauté a le pouvoir de déterminer la mission et les orientations des organismes », dit-elle.
« Non seulement les organismes doivent lutter pour obtenir un financement adéquat, ils doivent aussi lutter contre les attaques à l’autonomie qui menacent les fondements mêmes du milieu communautaire.»
Les organismes communautaires espèrent que le gouvernement choisira de redonner à la population en réinvestissant dans les services publics plutôt qu’en priorisant des crédits d’impôt aux grandes entreprises. « C’est le budget de la dernière chance, on s’attend à avoir des engagements concrets. La précarité dans le milieu communautaire, ça suffit! » conclut Jimmy Forgues, coordonnateur de Solidarité Populaire Estrie.