Le puits de surface de la famille Duchesneau-Poulin, à Saint-François-Xavier-de-Brompton, a été asséché de manière permanente le 18 mai dernier à la suite de travaux municipaux.

Puits asséché : l’entrepreneur mis en demeure

La famille Duchesneau-Poulin, dont le puits de surface a été asséché par des travaux municipaux, a dû prendre les grands moyens et faire parvenir une mise en demeure à l’entreprise TGC inc., à la firme d’ingénierie EXP ainsi qu’à la Ville de Saint-François-Xavier-de-Brompton.

Après 29 jours sans eau et sans prise en charge, la famille a procédé à l’excavation d’un nouveau puits, cette fois artésien. La famille ne dispose que de 30 jours pour en régler la facture, qui s’ajoute à l’achat de semences et de terre pour regazonner le terrain, ainsi qu’aux frais d’avocat.

Elle demande ainsi qu’on lui rembourse la somme de 10 800 $, ce qui inclus dommages et intérêts.

« Ça nous cause un stress financier important. Nous tentons d’avoir une extension de temps auprès de la compagnie qui a creusé le puits. Sinon, des intérêts s’ajouteront », confie Annie Poulin, qui précise qu’elle devra encore attendre que l’eau du puits soit approuvée par des tests avant de la boire.

Le maire de Saint-François-Xavier-de-Brompton, Gérard Messier, maintient que la municipalité n’est pas en faute. « Il y a un article dans le code municipal qui stipule très clairement que, lorsqu’on confie les travaux à un entrepreneur, c’est l’entrepreneur qui est responsable de tout préjudice causé par ces travaux-là. »

C’est effectivement en vertu de cet article, l’article 1127.4 du code municipal la municipalité, que la Mutuelle des municipalités du Québec (MMQ) a stipulé que la responsabilité de son client ne saurait être engagée.

La Municipalité attend

En entrevue avec La Tribune, M. Messier a affirmé que la Ville n’avait toujours pas de statut face à la mise en demeure du couple, mais qu’elle attendait la fin des travaux pour régler cette histoire. « C’est toujours à ce moment-là, avant de verser les dernières sommes qu’on doit à l’entrepreneur, qu’on regarde les problématiques encourues par les travaux, qui ont été résolues ou non. »

Pourtant, lors d’une entrevue le 8 juin dernier, Étienne Lacombe, chargé de projet chez TGC inc., n’avait pas l’intention de prendre le blâme : « On est entrepreneur général et on exécute notre travail selon les plans et devis qui nous sont donnés. Ce sont des dossiers qui regardent la municipalité et ses citoyens », avait-il commenté.

Une réunion de chantier aura lieu lundi pour connaître la date de fin des travaux, a-t-on indiqué du côté de la Ville, mais la première couche d’asphalte devrait avoir été entamée vendredi dernier.

La famille avait également déploré que la municipalité ne lui porte pas secours pour les dépanner temporairement. Rappelons que c’était un généreux voisin qui les alimentait en eau à raison d’une heure par jour à la suite de l’incident, et que Saint-François-Xavier-de-Brompton ne dispose d’aucun réseau d’aqueduc.

« Pour nous, c’était la meilleure situation pour eux, dit le maire de la municipalité. Se rendre pour aller leur porter de l’eau en plein chantier, ça aurait été très difficile. De plus, transporter de l’eau, ça comporte toujours un risque de contamination. Quand on a de jeunes enfants, ce n’est pas un risque à prendre. On remercie ce voisin-là de l’avoir fait, sinon on aurait été placé dans une situation où ça n’aurait pas été possible de les alimenter régulièrement. »

Bien que Mme Poulin et son conjoint, Nicolas Duchesneau, se disent épuisés, ils comptent se rendre jusqu’au bout. La Ville et les entreprises ont jusqu’au 11 juillet pour répondre à la mise en demeure, sans quoi la problématique sera présentée à la division des petites créances de la Cour du Québec.