Même s’il a dit à une mère de famille qu’il laisserait des enfants dans le bois avant d’y mettre le feu, un chauffeur d’autobus scolaire de Cowansville a été acquitté d’un chef d’accusation pour avoir menacé de causer la mort ou des lésions corporelles.

Propos d’un chauffeur d’autobus: des menaces qui n’en étaient pas

Même s’il a dit à une mère de famille qu’il laisserait des enfants dans le bois avant d’y mettre le feu, un chauffeur d’autobus scolaire de Cowansville a été acquitté d’un chef d’accusation pour avoir menacé de causer la mort ou des lésions corporelles.

L’altercation verbale est survenue au matin du 2 février 2018, alors que le chauffeur, qui comptait alors une douzaine d’années d’expérience, arpentait sa route quotidienne au petit matin.

À l’un des arrêts de son parcours, il aperçoit la mère de trois enfants qui prennent place à bord de son autobus. Un peu moins de deux semaines auparavant, celle-ci avait porté plainte contre lui, sous prétexte qu’il aurait dit à son fils de « retourner dans sa cage ».

La plainte n’ayant pas été retenue, la mère de famille souhaitait discuter avec le chauffeur pour comprendre les causes des frictions entre celui-ci et son fils.

Interrogé, le chauffeur répond que son fils est très mal élevé. Il ajoute que deux autres enfants dans l’autobus sont turbulents.

C’est alors qu’il aurait prononcé, selon la mère : « Je les laisserais dans le bois, je les attacherais et je les brûlerais. »

Sur le coup, elle ne réalise pas la portée des propos qu’elle venait d’entendre. C’est en retournant chez elle qu’elle en prend conscience et se sent troublée. Des paroles qui, selon son témoignage, « sont imprégnées dans son cerveau à jamais ».

La dame dépose une plainte le jour même.

Propos nuancés

Lors de l’audience survenue le 9 janvier dernier, le chauffeur d’autobus a nuancé ses propos. Il clame avoir plutôt dit qu’il « les laisserai[t] dans le bois et mettrai[t] le feu dedans », des paroles qui, pour lui sont sorties « comme une expression québécoise », sans réfléchir, bien qu’il ait reconnu après coup qu’elles étaient « complètement déplacées ».

Plaidant également avoir un horaire très serré pour que les enfants n’arrivent pas en retard à l’école ou qu’ils ne manquent une correspondance, l’accusé reconnaît avoir été sur la défensive lorsqu’il a aperçu la mère et son fils à l’arrêt.

Pour lui, cet enfant est un enfant roi. « Il fait ce qu’il veut. Il n’écoute pas les consignes et ne s’assoit jamais correctement dans l’autobus », relate le jugement daté du 8 avril.

« Il ne pensait jamais que la mère prendrait cela au sérieux et il n’avait aucune intention de lui faire peur », a-t-il témoigné ensuite.

Pas d’intention criminelle

Le juge Érick Vanchestein, qui a présidé la cause, s’est demandé s’il y avait intention criminelle lorsque le chauffeur d’autobus a prononcé ses malheureuses paroles.

« Le Tribunal croit l’accusé lorsqu’il témoigne et les circonstances corroborent sa version relativement au fait qu’il était coincé dans le temps et ne pouvait pas s’étendre longtemps en discussion avec un parent sur le coin d’une rue, analyse le magistrat. Comme il l’admet lui-même, ses paroles sont sorties sans trop qu’il y réfléchisse et il n’a jamais eu en tête d’intimider ou de faire peur à madame. Tout ce qu’il voulait, c’était couper court à la conversation afin de poursuivre son circuit et d’arriver à l’école à temps. »

Concluant qu’il n’y avait pas volonté d’intimider, le juge a donc acquitté l’accusé.