Le maire de North Hatley Michael Page défend son administration en affirmant que, quoi qu’il advienne, elle n’a pas l’intention de permettre la réalisation d’un projet mal conçu pour une zone inondable.

Projet en zone inondable : North Hatley devra encore attendre

Le projet de développement immobilier prévu au cœur de North Hatley devra encore attendre en raison des plus récentes orientations du gouvernement du Québec en ce qui concerne la construction en zone inondable. Les opposants à ce projet de plusieurs dizaines de millions de dollars sont satisfaits alors que le maire du village, Michael Page, commence à montrer des signes d’impatience.

Le village de North Hatley est visé par le projet de décret gouvernemental parce qu’il possède une zone inondable de catégorie 0-20 ans et que, par surcroît, il désirait l’adoption d’un plan de gestion des eaux, lequel lui aurait éventuellement permis d’autoriser la construction de résidences à l’intérieur de cette portion de son territoire.

« C’est sûr que c’est important qu’on fasse les choses de façon sécuritaire dans le 0-20 ans, reconnaît sans difficulté Michael Page. Par contre, je suis déçu de voir que le gouvernement n’a toujours pas terminé sa réflexion. Il y a déjà eu un moratoire de 18 mois par rapport au développement dans ces zones, mais rien n’a été décidé. »

Du même souffle, M. Page défend son administration en affirmant que, quoi qu’il advienne, elle n’a pas l’intention de permettre la réalisation d’un projet mal conçu pour une zone inondable.

« On est d’accord qu’il ne faut pas que le gouvernement paie constamment pour des dommages causés par des inondations. Des précautions seraient donc prises chez nous pour éviter des problèmes dans le futur », insiste le maire de North Hatley.

Entre autres, il est question de retirer une canalisation dans laquelle s’écoule partiellement le ruisseau Keaser, dont les crues sont parfois problématiques. Le promoteur qui voudrait construire des logements en zone inondable, au centre du village, serait aussi invité à ne pas créer d’ouverture pour des portes ou fenêtres sous une certaine hauteur à partir du sol.

« Concernant les ouvertures pour les portes ou fenêtres, on demanderait qu’elles soient inatteignables par l’eau en cas de crue 0-20 ans. Et, en plus, on exigerait un rehaussement supplémentaire pour tenir compte de l’impact des changements climatiques sur le climat et les précipitations », explique Michael Page.

Une «bonne nouvelle»

Opposant de longue date au projet de North Hatley, un résident du village, Michael Grayson, salue pour sa part l’approche prudente adoptée par le gouvernement de François Legault.

« C’est une bonne nouvelle et ça va dans le bon sens, de mon point de vue, révèle M. Grayson. La construction en zone inondable finit par coûter cher à tout le monde dans le fond. »

Ce citoyen de North Hatley est cependant conscient que la partie n’est pas terminée, car on ignore pour le moment quelle sera la position du gouvernement au terme de la nouvelle période de réflexion qu’il s’accorde. « C’est comme un serpent à multiples têtes. On en coupe une et de nouvelles apparaissent », affirme-t-il.

Préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers suit également de près le dossier. Il s’efforce de se faire rassurant lorsqu’il aborde la question de la construction en zone inondable.

« C’est important de dire aux gens que la construction dans le 0-20 ans n’a jamais été permise, sauf exception, et qu’on n’a jamais autorisé ce type de chose dans les 20 dernières années dans notre MRC. Vous savez, bien qu’il soit à la recherche de revenus fonciers, le monde municipal n’essaie pas de s’attirer des problèmes inutilement. Les inondations des dernières années sont historiques », dit M. Demers.

Notons en terminant que le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation du Québec organise une consultation relative à la construction en zone inondable. Elle aura lieu le 4 juillet dans plusieurs villes de la province, dont Sherbrooke, et précédera le décret que le gouvernement Legault a prévu adopter en lien avec ce sujet délicat.