« Les terrains ne supportaient pas la machinerie. Encore aujourd’hui, c’est très limite », dit le président de l’UPA-Estrie, François Bourassa.

Printemps maussade : les agriculteurs espèrent le beau temps

Le printemps pluvieux que connaissent les Québécois inquiète les agriculteurs estriens, qui sont en retard pour les semis dans les champs. Ceux qui exploitent entre autres le soya, les céréales et le maïs espèrent que le soleil s’installe dans les prochains jours.

« Très peu de semences ont été faites à date, décrit le président de l’UPA-Estrie, François Bourassa. Ça commence à être urgent. Ça s’est sûrement déjà produit dans l’histoire. Il annonce quelques jours de beau temps cette semaine, mais à part cela, c’est de la pluie. Semer en juin, ça s’est déjà vu, mais c’est très rare », indique-t-il, rappelant qu’habituellement, les agriculteurs sèment entre le début et le milieu du mois de mai. 

Pour pouvoir récupérer le retard qui a été causé par la venue tardive du printemps, l’automne devra être doux. « Si on mélange un printemps pourri et un automne au gel précoce, vraiment, on va être dans le trouble. Tout ce qui concerne l’assurance-récolte, il y a aussi des dates limites. Dépassé une certaine date, tu ne peux plus assurer ou il faut faire ce qu’on appelle la valse des sacs de semence. Tu peux avoir 2600 unités thermiques, mais après une date X, tu dois changer ta semence pour avoir des unités thermiques plus basses, car la saison sera plus courte », ajoute M. Bourassa. Ces dates changent selon la région et la production de l’agriculteur. 

De plus, les nombreuses précipitations ont été problématiques. « Il y a eu beaucoup de pluie, donc l’épandage du fumier a été aussi retardé. Les terrains ne supportaient pas la machinerie. Encore aujourd’hui, c’est très limite. »

Que peuvent faire les agriculteurs pour patienter ? « On attend et on espère qu’il fasse beau », répond celui qui est également propriétaire d’une ferme laitière. 

« Les terrains ne supportaient pas la machinerie. Encore aujourd’hui, c’est très limite », dit le président de l’UPA-Estrie, François Bourassa.

La saison du foin pourrait aussi être retardée. « Tout ce qui doit être ensemencé, il y a des retards. Le foin, où il y a des problèmes, c’est qu’il y a eu beaucoup de glace cet hiver. Beaucoup de prairies ont été détruites. Il faut encore les ensemencer. Le retard va être à la coupe », analyse M. Bourassa.

Les jours ensoleillés pourront aider les agriculteurs de l’Estrie. Cependant, ils ne pourront probablement pas semer dès la venue du beau temps. « Il faut que le sol redevienne plus sec. Ici, samedi, on a fait une tentative : on a commencé à semer des maïs. On n’a pas terminé le champ, car c’était trop limite », raconte-t-il, souhaitant un été « sans extrême, car c’est ce qui cause des problèmes ».