Près d’un ado sur trois présente un niveau élevé de détresse psychologique

Près d’un adolescent sur trois présente un niveau élevé de détresse psychologique en Estrie. L’anxiété, la dépression ou les troubles alimentaires guettent aussi les jeunes de la région. Un diagnostic médical pour un de ces troubles a été donné à 20 % des jeunes Estriens au courant des dernières années.

Ces données proviennent des résultats de la deuxième édition de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2016-2017 dévoilée jeudi. 

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La première édition, qui avait eu lieu en 2010-2011, présentait un portrait plus reluisant pour les adolescents de la région.

« En 2010-2011, 21 % des jeunes présentaient un niveau élevé de détresse psychologique. Aujourd’hui, les données révèlent que 29 % d’entre eux affirment ne pas se sentir bien. C’est une donnée alarmante », constate la directrice de la santé publique, Mélissa Généreux.

« Ce qui est intéressant avec la question du niveau de détresse psychologique est qu’elle n’est pas en lien avec un diagnostic médical, mais plutôt avec les émotions ressenties par les adolescents dans les jours précédents le sondage. On parle par exemple d’une humeur dépressive ou de découragement. Donc maintenant on sait que 29 % d’entre eux affirment ne pas se sentir bien et nous savons que la propension à vivre de la détresse psychologique est un précurseur de risque des troubles d’anxiété et de dépression. Ce précurseur est donc plus présent qu’auparavant », analyse Dre Généreux.

20 % des jeunes estriens ont reçu un diagnostic médical au courant des dernières années pour un trouble anxieux, une dépression ou un trouble alimentaire. 

Mélissa Généreux

Comme pour la détresse psychologique (39 % de filles contre 19 % de garçons), les filles sont plus nombreuses que les garçons à avoir au moins un de ces diagnostics (26 % contre 15 %).

En Estrie, 4,4 % des adolescents ont pris des médicaments prescrits pour soigner l’anxiété ou la dépression. Au Québec, ce taux est de 3,6 %.

« Lorsque nous avons analysé le profil des personnes le plus susceptibles de présenter des troubles d’anxiété, nous avons remarqué deux choses. Les jeunes filles sont moins anxieuses en secondaire 1, puis il y a un saut important en secondaire 2 et le taux reste super élevé par la suite. Donc la transition au secondaire — qui implique un nouvel environnement scolaire, un nouveau cercle d’amis, une plus grande utilisation des réseaux sociaux — est plus difficile en termes d’adaptation pour les jeunes filles. Deuxièmement, les jeunes filles qui disent avoir un soutien moins élevé à la maison sont les jeunes filles qui vont déclarer le plus d’anxiété. L’effritement du soutien familial semble donc affecter les jeunes, particulièrement les jeunes filles », explique la directrice de la santé publique en Estrie.

L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes au secondaire 2016-2017 a sondé 5000 adolescents, avec un taux de réponse de 92 %.