Bruno Gauthier construit des nichoirs pour contrer la baisse de la population d’hirondelles.

Pour l’amour des hirondelles

Inquiété par la baisse constante de la population mondiale d’hirondelles, un homme de Scotstown a décidé de faire sa part pour renverser la vapeur. Il construit, installe et fait l’entretien de nichoirs, mené par son amour pour ce type d’oiseau.

Bruno Gauthier a décidé de faire sa part pour tenter de changer la tendance des 40 dernières années. Pour 20 $, il confectionne lui-même dans son atelier des nichoirs qu’il installe chez les gens et les institutions intéressés à protéger les hirondelles, en plus d’en assurer l’entretien.

« Je ne fais pas cela pour l’argent. Ma motivation provient de mon désir d’aider les oiseaux et d’assurer leur survie », explique-t-il d’emblée. « Les cabanes sont faites à la main et ont la particularité d’être résistantes aux écureuils, qui peuvent parfois tenter de s’approprier les nichoirs. C’est ma façon de contribuer à leur survie sur notre territoire. Ce sont de très beaux oiseaux. »

Son inquiétude face à la situation des hirondelles a grimpé au fil de plusieurs années d’observation et s’est amplifié en regardant le documentaire Le silence des oiseaux, réalisé par Susan Rynard, qui se penche sur la situation des passereaux.

Bruno Gauthier construit des nichoirs pour contrer la baisse de la population d’hirondelles.

« La situation des oiseaux se détériore constamment à l’échelle globale », déplore-t-il. « Depuis les années 80, on observe une chute de 50 % de la population de passereaux à l’échelle de la planète. Les facteurs tels que le changement climatique et l’utilisation massive de pesticides sont à blâmer. Je crois fortement que La semaine verte devrait se pencher sur la situation des hirondelles dans le Haut-Saint-François et dans l’ensemble de la province. Il y a de quoi s’inquiéter. »

Un envol a prendre

Les causes de la diminution du nombre d’hirondelles en région sont attribuables à plusieurs facteurs, soutient M. Gauthier. « Il ne faut pas s’y méprendre, le gouvernement encourage l’utilisation du pesticide Round Up, qui a des effets désastreux sur la faune et la flore. De plus, en région, l’industrie forestière et celle des sapins de Noël contribuent à la déstabilisation de leur milieu de vie, ce qui a des répercussions sur la population d’hirondelles. »

Individuellement, les gens peuvent quand même jouer un rôle pour renverser la situation, estime l’amoureux des oiseaux. Il croit que la roue doit être actionnée par quelques individus, ce qui enclenchera un éveil collectif face à la situation.

« Les gestes qui peuvent sembler anodins sont d’une grande importance quand on les additionne. Si tout le monde fait sa part et est sensibilisé à la situation, on peut obtenir des résultats concrets chaque année. C’est une roue qu’on doit partir collectivement pour renverser la vapeur. »

Bruno Gauthier a un conseil particulier pour ceux qui veulent faire une différence sans avoir à consacrer de temps ou d’argent à la cause.

« En plus d’installer des nichoirs sur son terrain, les gens qui ont des granges peuvent les ouvrir aux hirondelles. Elles y trouvent refuge et sont en sécurité dans ce milieu. En plus, ça donne un superbe spectacle pour les yeux. À force de faire chacun des petits efforts, un effort collectif sera enclenché, ce qui nous permettra de faire la différence avant qu’il soit trop tard. »