Le conseil municipal de Potton, dont fait partie le conseiller Bruno Côté, estime que le « Service d’immatriculation des armes à feu tend à démoniser les armes à feu et les propriétaires honnêtes possédant les permis fédéraux requis, tout en laissant de côté les criminels se procurant du matériel sur le marché noir ».

Potton s'oppose au registre des armes à feu

Le canton de Potton s’invite dans le débat sur l’avenir du registre des armes à feu du gouvernement du Québec. Conscient de l’insatisfaction chez les chasseurs, le conseil municipal de l’endroit a procédé à l’adoption d’une résolution demandant à Québec de faire marche arrière.

La résolution du conseil municipal de Potton relativement à l’immatriculation des armes à feu a été adoptée à l’unanimité lundi, lors d’une assemblée publique tenue à l’hôtel de ville de la municipalité frontalière.

« On trouve que l’argent dépensé pour ce projet serait mieux utilisé si on travaillait plutôt à enrayer le marché noir ou pour faire la lutte à la maladie mentale, qui occasionne régulièrement des drames humains », affirme le maire de la municipalité, Jacques Marcoux.

Dans sa résolution, le conseil de Potton affirme notamment que le nouveau « Service d’immatriculation des armes à feu tend à démoniser les armes à feu et les propriétaires honnêtes possédant les permis fédéraux requis, tout en laissant de côté les criminels se procurant du matériel sur le marché noir ».

La résolution du Canton de Potton mentionne également que le coût du registre risque d’exploser. Un projet semblable à l’échelle canadienne a d’ailleurs connu des ratés majeurs au plan financier. Il a été mis à la déchiqueteuse par le gouvernement de Stephen Harper en 2012.

À l’origine de cette résolution, le conseiller municipal Bruno Côté espère que plusieurs autres municipalités québécoises emboîteront le pas à sa localité.

« Il y a un sondage commandé par le groupe PolySeSouvient qui semblait démontrer que les Québécois étaient fortement favorables. Mais je ne pense pas que les gens ont été sondés de la bonne façon. En fait, ce serait bien que tous les opposants se manifestent auprès de leur municipalité et que de nombreuses localités nous imitent. Ça nous donnerait un portrait plus réaliste, je crois », déclare M. Côté.

Le conseiller municipal confie être lui-même un chasseur et un tireur sportif. Il estime que les règles s’appliquant à son groupe, au Canada, sont déjà sévères. « L’achat d’une arme ne peut pas se faire par n’importe qui. Il faut un permis et un cours de maniement est demandé à tous ceux voulant l’obtenir », résume-t-il.

Un débat municipal?

Président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Jacques Demers a appris mercredi que Potton avait décidé de prendre position face à cet épineux dossier.

« Je vais parler de cette question lors de la prochaine rencontre de l’exécutif de la FQM. Personnellement, je ne connais pas les coûts ni les données associés à ce projet. Mais je verrai s’il y a de l’intérêt de la part des gens chez nous par rapport à ce dossier. Peut-être qu’on se positionnera nous aussi, si on sent qu’il y a un mouvement important qui se crée au sein de nos membres », explique M. Demers.

Le Service d’immatriculation des armes à feu vise principalement les carabines et les fusils de chasse. Mais la réponse des chasseurs demeure faible, puisque moins de 25 pour cent des 1,6 million d’armes d’épaule présentes sur le territoire québécois auraient jusqu’à maintenant été immatriculées. 

Notons que le gouvernement du Québec a prévu une dépense de 17 M$ pour le lancement du projet, dénoncé haut et fort par le groupe baptisé Tous contre un registre québécois des armes à feu. Quant à la gestion du registre, on affirme qu’elle coûtera environ 5 M$ par année.