Élise Coursol de Carufel et Alex Caron

Plusieurs Estriens font la route pour s'acheter du cannabis

DRUMMONDVILLE — Puisqu’il n’y a pas de succursale du SQDC à Sherbrooke, plusieurs personnes de la région ont décidé de faire la route mercredi pour se rendre à Drummondville. Ils déploraient tous de ne pas avoir de point de vente plus près de chez eux.

« Je suis vraiment déçu, j’aurais pensé qu’une grande ville comme Sherbrooke aurait eu sa succursale au jour 1, mais peut-être que ça va arriver dans l’avenir, souligne Élise Coursol de Carufel de Sherbrooke. J’ai regardé en ligne ce matin, mais les sortes qui m’intéressaient étaient déjà en rupture de stock. Je n’avais rien d’autre à faire aujourd’hui donc autant venir voir en boutique. J’étais curieuse aussi de voir comment ça fonctionnait à l’intérieur. »

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« Ça fait loin, j’avais espérance qu’il y en ait une à Sherbrooke, lance pour sa part Mario Champoux, lui aussi de Sherbrooke. Je n’ai pas Internet et je ne veux rien savoir de ça. »

Les gens rencontrés par La Tribune s’entendaient également pour dire que la légalisation est un pas dans la bonne direction.

« Les gens ont peur pour rien, il y a beaucoup de gens qui consomment, c’est juste qu’ils se cachaient, poursuit M. Champoux. Les gens vont rester surpris. Au début, les gens oseront peut-être moins, ils vont être gênés, mais un moment donné ils vont se dégêner. Il y a beaucoup de dirigeants d’entreprises qui consomment. C’est mal vu et ceux qui le voient d’un mauvais œil, c’est qu’ils ne connaissent pas ça. »

« Les gens qui fumaient vont continuer à le faire, les gens qui ne fumaient pas vont peut-être l’essayer, mais ce ne sera pas un gros changement comme les gens pensent, résume Alex Caron, venu de Coaticook pour l’occasion. Ç’a été bon économiquement pour tous les endroits qui l’ont légalisé. C’est une bonne affaire. »

Les Estriens ont dû prendre leur mal en patience puisque la file d’attente s’étendait jusque sur le trottoir en avant-midi. Les acheteurs devaient patienter au moins 90 minutes avant de pouvoir entrer dans la boutique qui ne laissait entrer qu’une trentaine de clients à la fois.

« On avait bien hâte et il n’y en a pas d’ouverte à Sherbrooke donc on fait le chemin jusqu’à Drummondville, indique Alex Caron. J’étais en congé aujourd’hui donc j’en profite. C’est spécial et symbolique comme journée, mais par la suite on va y aller par Internet avant l’ouverture d’une boutique plus près de chez moi. Je ne suis pas surpris du tout, je m’attendais à venir faire la file. »

« Si des gens ont fait la file pour l’ouverture d’un IKEA, c’est certain qu’il allait y avoir des gens pour le cannabis, lance Mme de Carufel avec le sourire. Je n’aimais pas faire affaire avec les gens qui vendaient du cannabis, et maintenant j’ai un lieu où je peux aller l’acheter en toute sécurité. Je suis contente, quelqu’un qui prend une bière en fin de soirée, c’est la même affaire qu’un joint. »