Posant devant l’école Notre-Dame-de-Fatima, dans le quartier du même nom à Lac-Mégantic, le président de la Commission scolaire des Hauts-Cantons (CSHC), Yves Gilbert, avoue une certaine fébrilité à l’aube d’une année scolaire qui offre de grands défis à son organisation.

Plusieurs enjeux à la Commission scolaire des Hauts-Cantons

Le président de la Commission scolaire des Hauts-Cantons (CSHC), Yves Gilbert, ne s’en cache pas, la fébrilité de son équipe est à son comble à la veille de la rentrée scolaire à cause des enjeux de taille qui lui sont rattachés.

« Un des enjeux majeurs, c’est le Plan d’engagement vers la réussite (PEVR) dont le lancement est à venir en octobre ou novembre. Cette démarche date déjà d’un an et demi et implique toutes les écoles, centres de services, comités de parents et partenaires, qui doivent répondre à la politique de réussite éducative du ministère de l’Éducation », révèle M. Gilbert.

« Depuis juin 2017, le ministre Sébastien Proulx s’est lancé dans une tournée provinciale du monde de l’Éducation pour en dégager une vision. Il a accouché de cette politique dont nous devons nous inspirer pour notre PEVR. Il s’en dégage plusieurs axes. Par exemple, le ministre souhaite que le redoublement d’année soit ramené à 10 pour cent seulement. Il est de 19 pour cent, actuellement, dans le Haut-Saint-François. Mais cela ne doit pas se faire par un nivellement par le bas, les profs ne peuvent faire passer les élèves coûte que coûte. Il faut mettre en place des mesures de soutien et d’accompagnement des élèves. »

Il cite trois autres enjeux du PEVR : la réussite globale de chaque élève, le maintien d’un milieu de vie accueillant et sécuritaire et des partenaires engagés et présents qui s’impliquent vraiment.

« C’est la politique des petits pas et des petites doses, des démarches gagnantes, toutes axées en fonction de l’élève. Tout le monde est interpellé, du président jusqu’aux concierges, en passant par les transporteurs scolaires, les municipalités, etc., chacun pouvant faire une différence. Notre PEVR a été accepté tel quel par le ministère de l’Éducation, ce n’est pas partout comme ça et nous en sommes très fiers! »

Il se réjouit de manières de faire originales, dans la MRC du Granit, comme la Maison familiale rurale (MFR) de Saint-Romain, « une offre de service qui vaut son pesant d’or », d’après lui. « C’est un projet qui a sauvé plusieurs jeunes au fil des ans. Je suis pour l’offre de services diversifiée. La MFR, c’est un modèle, il y en a d’autres. »

« J’ai une belle commission scolaire, avec de très bons travailleurs, de bons profs et un beau conseil des commissaires. Nos résultats ont été à la hausse aux examens de juin 2017. Il y a une belle qualité, dans nos écoles de nos trois secteurs, East Angus, Coaticook et Lac-Mégantic. Le nombre de nos élèves, globalement, est à la hausse. On en prévoit environ 6400 cette année, alors qu’on en avait 6357 en 2017 », révèle Yves Gilbert.

« Nous avons pour philosophie de garder les petites écoles dans les villages, le plus possible, car une école, fondamentalement, c’est la vie du village. Un exemple probant : à Stornoway, nous gardons deux profs pour une trentaine d’élèves, cela a un coût… Nous avons une excellente collaboration des municipalités pour mettre en place des projets de maintien des écoles. »

Finalement, il a abordé le sujet épineux de la gouvernance scolaire. « Cela va se discuter au cours de la campagne électorale provinciale, il y en a qui veulent nous faire disparaître, moi je crois que nous sommes pertinents comme gouvernement de proximité. »