Au moment d’écrire ces lignes, l’avenir de son véhicule, un Hyundai Kona 2019, n’était toujours pas assuré.

Plus de peur que de mal sur le chemin Bernard

Les résidants du chemin Bernard, à Bury, ont vécu de longs moments d’angoisses vendredi matin. En quelques heures seulement, les terrains résidentiels ont été submergés jusqu’à la hauteur des galeries et le chemin Bernard, seul accès au quartier, s’est affaissé, emportant un véhicule.

Quand Monique Gilbert est allée se coucher jeudi soir, elle ne s’attendait pas à vivre une succession d’émotions fortes à son réveil. Oui, la pluie tombait abondamment depuis quelques heures, mais rien ne laissait présager ce qui allait se passer le lendemain.

« Je me suis réveillée à six heures du matin, trois heures après que mon conjoint soit parti travailler, se rappelle la femme. Il n’y avait plus d’électricité et je n’avais pas de signal sur mon cellulaire. Quand j’ai vu par la fenêtre que l’eau montait sur le terrain, je me suis dépêchée d’aller déplacer le tracteur à gazon et deux autres véhicules chez une voisine, qui habite en hauteur. »

À son retour à la maison, Monique a agrippé son téléphone cellulaire, qui avait repris le signal. Un message texte plutôt inquiétant était affiché sur son écran : un simple à l’aide, envoyé par son conjoint il y a plusieurs heures.

« C’est à ce moment-là que le stress est embarqué, confie-t-elle. Je n’ai pas perdu de temps et j’ai pris le pick-up pour partir à sa recherche. Rendu sur le chemin, j’ai vu que l’eau était rendue à la moitié de la porte de la voiture d’un de mes voisins et j’ai klaxonné pour tenter de les réveiller. Peu après, je me suis empêtré sur le chemin et l’eau s’est mise à rentrer tranquillement dans le camion. C’est à ce moment que j’ai appelé le 911. »

Son conjoint était quelques mètres en avant d’elle sur le chemin Bernard. Sa voiture s’était enlisée lorsqu’il était parti pour le travail à 3 h du matin. Au moment d’écrire ces lignes, l’avenir de son véhicule, un Hyundai Kona 2019, n’était toujours pas assuré.

« Les pompiers sont venus à mon secours, ils ont installé une échelle à plat sur le capot pour me ramener en sécurité, explique-t-elle. J’ai dû sortir par la fenêtre ! Mon conjoint a essayé de sortir de son véhicule lui aussi et il a eu l’aide des pompiers pour s’en sortir. On a été pris en charge par les ambulanciers par des voisins ensuite. »

La municipalité a émis un avis d’évacuation obligatoire vers midi. Les pompiers passaient de résidence en résidence pour informer les gens de l’avis et les aider à évacuer, sans quoi les policiers viendraient les faire partir.

« Je suis sorti du quartier par la forêt, raconte quant à lui Laurent Pruneau, résident de l’enclave. Comme j’ai le quatre roues motrices sur mon véhicule, j’ai pu emprunter le sentier boisé pour aller m’inscrire au registre des évacués au centre communautaire. »

« On est habitués, l’eau monte chaque année et le chemin part souvent. Par contre, ça arrive plus souvent au printemps et à l’été qu’à l’automne. On n’a pas les morceaux de glace de quatre mètres cette fois-ci, ce n’est pas trop pire. Ça fait partie de la vie dans notre quartier. »

Cookshire-Eaton

Du côté de Cookshire-Eaton, les résidants du quartier Eaton ont pu regagner leurs résidences samedi après-midi. Le niveau d’eau a baissé considérablement dans les heures suivant le déluge, laissant croire aux autorités que le pire est passé. La Croix-Rouge est disponible pour relocaliser temporairement les citoyens dans le besoin.

« Étant donné que plusieurs secteurs de notre territoire demeurent toujours sans électricité, le centre d’accueil à la caserne de pompiers de la rue Pope demeurera ouvert, a annoncé la municipalité par voie de communiqué. Il vous sera possible de remplir vos réservoirs d’eau et d’utiliser les services sanitaires sur place. »

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VSF et des Sources : la situation se stabilise

Malgré les nombreux résidents encore privés d’électricité, la situation à la suite de la tempête automnale se stabilise dans les municipalités du Val-Saint-François et de la MRC des Sources.

Vendredi, le niveau de l’eau du secteur des Trois Lacs avait atteint 8,2 pieds. Samedi après-midi, le niveau de l’eau était à la baisse et était rendu à 7,4 pieds. Le centre d’hébergement mis sur pied vendredi est toujours ouvert.

Toutefois, plusieurs débris causés par les vents violents tels que des branches d’arbre doivent encore être ramassés. Selon Jean Roy, le maire suppléant d’Asbestos, le nettoyage devrait commencer en début de semaine.

Du côté de Saint-Camille, en raison de la panne d’électricité, plusieurs élus ainsi que des pompiers ont fait du porte-à-porte dans le but de s’assurer qu’aucun citoyen ne manque de rien. Selon la directrice générale de la municipalité, Julie Vaillancourt, tous les résidents ont un endroit où aller au besoin.

À Valcourt, l’électricité est de retour pour plusieurs mis à part 160 résidences.