Pleine lune du 28 mai dernier à Sherbrooke.

Pleine lune : Symbole d'un cycle nouveau

Influence magnétique, taux de criminalité et nombre accru de nouveau-nés en fonction des cycles lunaires, les mystères planent au-dessus de nos têtes. Notre satellite naturel a toujours su captiver et être l’inspiration de nombreuses croyances et superstitions dans l’histoire de l’humanité. Force est d’admettre qu’il revêt encore un grand pouvoir contemplatif de nos jours.

Dans la nuit du 27 juillet (jeudi à vendredi), il était possible d’observer la pleine lune. 

Si la Lune a longtemps été perçue comme un objet de convoitise inatteignable, tout a changé en juillet 1969 alors que l’Américain Neil Armstrong y a mis les pieds pour la première fois de l’histoire de l’humanité. 

Le contexte politique y a été pour beaucoup dans cette conquête de l’espace, mais il ne faudrait pas croire que cela ait modifié pour autant l’attrait des êtres humains pour l’unique compagnon céleste de la Terre.  

Ce n’est donc pas surprenant de constater qu’elle ait été aussi souvent l’inspiration d’œuvres littéraires. 

Alice Oswald, dans son livre intitulé A Sleepwalk on the Severn, place la Lune au cœur d’une réflexion poétique dans laquelle le satellite prend des caractéristiques humaines, une identité et un genre. Cette plongée vers l’anthropomorphisme de la Lune est représentative d’une fascination encore toute contemporaine.

Cycle lunaire, cycle humain

La littérature scientifique regorge de publications portant sur des impacts plus ou moins établis entre le cycle lunaire et certains comportements humains tels que la violence et les épisodes psychotiques. 

Or, qu’en est-il par rapport à notre sensibilité et à ce que nous ressentons ces nuits où notre compagnon céleste nous illumine? 

Fred Giguère, chanteuse du groupe sherbrookois Gamebird, en a beaucoup à dire sur la question, elle qui est particulièrement inspirée par la Lune. 

« Pour moi, le cycle lunaire représente un cycle naturel dans nos vies. Ça nous rappelle qu’il est absolument nécessaire qu’il y ait des fins, pour permettre des nouveautés », indique celle qui croit que certaines contraintes institutionnelles routinières inhiberaient notre relation avec les éléments naturels de notre environnement.  

Elle s’estime très sensible à son environnement et elle est convaincue que celui-ci a un impact important sur la régulation de ses émotions. 

« Les phases lunaires permettent une sorte de renaissance spirituelle. Ça relativise notre propre existence, on se dit qu’on est juste des êtres sur une planète dans tout l’univers. Un jour ou un autre, ça arrive de se sentir étranger à notre environnement. Contempler la Lune, ça nous place au-dessus de cette réalité et ça nous permet d’être fonctionnels à notre manière », explique-t-elle. 

Pour la jeune chanteuse, qui profite souvent des soirées de pleine lune pour entrer en processus de création artistique, le cycle lunaire pourrait même nous réhabiliter face à la peur de mourir. 

« J’entrevois bien les cycles de la vie et les étapes d’un deuil. Pour moi, c’est un peu comme la tombée de la nuit et la Lune dans le ciel. On a parfois tendance à vouloir éviter la noirceur et le négatif, alors que c’est souvent ce qui nous permet d’avancer », affirme-t-elle sereinement. 

Les faits scientifiques

Évidemment, la littérature scientifique regorge d’études sur l’influence du cycle lunaire et de la pleine lune sur les êtres vivants. 

Dans le monde animal, les scientifiques ont démontré qu’il existait des corrélations entre certains comportements et les cycles lunaires. 

Dans une étude de 2014 par des chercheurs de l’Université de Cambridge, les données indiquent que les cycles lunaires ont une influence importante sur le chant des oiseaux diurnes et nocturnes. 

« Lors des pleines lunes, les oiseaux chanteurs ont commencé le chant d’aube dix minutes plus tôt en moyenne, et on a remarqué une diminution de l’intensité de près de 67 pour cent. Ce serait en grande partie causé par l’intensité lumineuse de la pleine lune », résume la chercheuse Jennifer E. York.

Pour les êtres humains, la pleine lune n’aurait pas d’influence directe sur les comportements tels que la violence ou la détresse psychologique. 

Elle en aurait toutefois une sur le rythme circadien et la qualité du sommeil, selon un article scientifique paru en 2013 dans le journal Current Biology.  « Selon des données enregistrées par électroencéphalogramme (EEG), l’activité delta pendant le mouvement oculaire rapide du sommeil, propre au sommeil profond, diminuait de 30 pour cent, le temps avant de s’endormir augmentait de cinq minutes en moyenne et le temps de sommeil total diminuait d’environ 20 minutes », avance l’article scientifique. 

Dans tous les cas, il semble que la Lune puisse bel et bien modifier notre quotidien. À nous tous d’interpréter ses effets sur nos corps. 

Pourquoi ne pas profiter de cette pleine lune pour se réinventer?

Un nouveau cycle lunaire pourrait indubitablement devenir le symbole d’une révolution sur le plan personnel. 

Comme l’a écrit Guy de Maupassant dans Sur l’eau : « L’homme qui aime normalement sous le soleil, adore frénétiquement sous la Lune. »