Le train de passagers Montréal-Boston figure parmi les engagements des candidats du Parti québécois en Estrie, qui se sont déplacés au marché de la Gare à Sherbrooke, mardi matin, pour dévoiler les faits saillants de leur plateforme. Sur la photo on reconnaît Véronique Vigneault (Richmond), Guillaume Rousseau (Sherbrooke), Andréanne Larouche (Brome-Missisquoi), Solange Masson (Saint-François), Gloriane Blais (Mégantic) et Maxime Leclerc (Orford).

Plateforme régionale du PQ : priorité au train et aux revenus

Non seulement les candidats du Parti québécois en Estrie se rangent derrière le projet de train de passagers Montréal-Sherbrooke-Boston, mais ils promettent de travailler pour qu’il soit sur les rails dans leur premier mandat, soit d’ici 2022.

C’est l’un des engagements fermes qu’ils ont pris, mardi matin, alors qu’ils étaient réunis au marché de la Gare de Sherbrooke pour dévoiler leur plateforme électorale régionale.

Les six aspirants députés n’entendent pas ménager les efforts pour obtenir la contribution gouvernementale provinciale de 18,4 millions $ qui figure au montage financier du projet de 91 M$ de l’homme d’affaires François Rebello.

« C’est un message très fort que tous les candidats du PQ veulent ce projet. C’est une question d’environnement, de tourisme et de développement régional », a résumé le candidat dans Sherbrooke Guillaume Rousseau.

Quant à cette contribution de 18 M$, M. Rousseau y voit simplement la juste part de l’Estrie alors que Montréal a son projet de train électrique (REM) de 6,3 milliards $ et Québec son projet de tramway de 3 milliards $. 

« On a calculé que pour chaque dollar public qu’on demande pour le train Montréal-Boston, ça rapporte 38 fois plus de baisses des gaz à effet de serre que l’argent public qui est mis dans le REM, avance M. Rousseau.

« 18 millions, ce n’est pas des peanuts, reprend-il, mais ça demeure raisonnable par rapport aux promesses d’autres partis. Et ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que les milliards qui sont promis pour les trains à Montréal et le tramway à Québec, c’est tous les Québécois qui payent ça, y compris les Estriens. (...) Alors quand on dit qu’on va aller chercher un petit 18 millions en Estrie, on fait juste notre travail de représentants de la région en tirant un peu la couverte de notre bord, au nom d’un grand potentiel environnemental, touristique et économique. »

Revenus vs salaires

L’équipe de candidats péquistes s’est par ailleurs engagée à faire en sorte d’augmenter les revenus des ménages en Estrie, et particulièrement à Sherbrooke où le problème est encore plus criant, « minimalement pour rattraper la moyenne provinciale », a précisé M. Rousseau.

« J’insiste sur la notion de revenus parce que d’autres partis, la CAQ pour ne pas la nommer, vont parler des salaires. Évidemment que c’est important les salaires, (...) et ça fait partie de notre plan pour augmenter les revenus de travailler sur les salaires, mais quand on parle de revenus, on a une vision beaucoup plus large et plus inclusive. On pense que tout le monde devrait en avoir plus dans ses poches et pas seulement les salariés », précise-t-il en assurant que les députés du Parti québécois vont se battre sur deux autres fronts pour y arriver, soit les régimes de retraite et l’aide financière aux étudiants.

« Les retraites et l’aide aux études, ça relève du gouvernement et quand on décide que c’est notre priorité plutôt que les baisses d’impôts pour les plus riches, on peut le faire, lance-t-il. 

«Pour les salaires, il faut être réaliste, ça ne relève pas seulement du gouvernement, ça relève aussi du privé. Notre idée là-dessus, c’est de rétablir une concertation régionale plus forte. Il ne s’agit pas de revenir aux conférences régionales des élus qui ont été abolies sous le gouvernement Couillard, ni d’imposer un modèle unique. L’idée, c’est de faciliter une forte concertation régionale pour que chaque région se dote de son propre modèle.

Enfin il a été question de rétablir la politique de souveraineté alimentaire « votée sous le gouvernement Marois et un peu mise de côté sous le gouvernement Couillard » pour faire en sorte qu’au moins 50 % des produits consommés par les Québécois soient produits ici. Les institutions de santé et d’enseignement, notamment, sont visées.

D’autres engagements

Outre le train, le revenu moyen et la souveraineté alimentaire, les candidats du PQ en Estrie ont identifié plusieurs autres enjeux dans leur plateforme électorale.

Dans Richmond, Véronique Vigneault a parlé de redonner le pouvoir aux régions « pour qu’elles reprennent en main leur développement ». Cela passe par des conditions de base comme la couverture cellulaire, l’internet à haute vitesse partout d’ici 2022, ainsi que des infrastructures en bon état. « Par exemple la route 257, une des pires au Québec. Il n’est pas normal que sa réfection, qui fait consensus dans la région, ne soit pas traitée comme un dossier spécial et prioritaire par le MTQ. Il ne s’agit pas ici que d’un simple projet d’asphaltage, mais plutôt d’un outil de développement incontournable pour l’économie, la culture et le tourisme, qui s’avère indispensable pour notre région. »

Dans Saint-François, Solange Masson a rappelé la grande préoccupation pour l’accès aux médecins de famille et le soutien à domicile. Elle a souligné qu’à travers la politique nationale du sport, du loisir et de l’activité physique promise par son parti, cela facilitera le déploiement d’infrastructures sportives et récréatives dans les villes. « Qu’attend-on pour restaurer la piscine du Cégep, les installations de l’édifice Céras ou pour boucler le tronçon manquant de la piste cyclable menant au CHUS? » 

Dans Orford, Maxime Leclerc a ciblé la protection des plans d’eau et la lutte au myriophylle à épi comme priorités. « Tous ensemble, on est sensibilisés, mais ce n’est pas assez », a-t-il dit en s’inquiétant que le budget du ministère de l’Environnement soit passé de 166 M$ en 2004 à 161 M$ en 2017-2018. « Le problème, c’est clairement un problème de volonté politique. » Le candidat annonce aussi que son parti entend demander aux gestionnaires du site d’enfouissement de Coventry, au Vermont, que les eaux de lixiviation soient traitées dans une usine spécialisée. « Parce que nous sommes en 2018 et que nous avons fait assez de compromis pour ce site. »

Dans Mégantic, Gloriane Blais a redit l’engagement du PQ de ramener les services de garde au tarif unique de 8,05 $ par jour pour le premier enfant, de 4 $ pour le deuxième enfant et la gratuité pour le troisième et les suivants, même si les enfants ne sont pas tous à la garderie en même temps. « Il est reconnu que la qualité des services offerts dans les centres de la petite enfance est de loin la meilleure offre aux parents qui ont à cœur le bien-être et l’évolution de leurs enfants. »