Stéphane Tremblay est président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Plan du CIUSSS de l'Estrie-CHUS : 40 000 heures d’attente en moins

Du jamais-vu en Estrie : pendant environ six mois en 2018-2019, les patients ont attendu moins de 12 heures sur civières dans les différents hôpitaux du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Ainsi, en moyenne, les 90 000 patients ayant séjourné ont attendu 40 minutes de moins lors de leur séjour à la salle d’urgence.

« Malgré un achalandage sur civière en hausse, ça représente près de 40 000 heures d’attente qui ont été évitées », soutient Stéphane Tremblay, président-directeur général (PDG) du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Le PDG du CIUSSS souligne aussi que ces chiffres incluent également les séjours sur civière à l’urgence psychiatrique, qui sont toujours plus longs que du côté de la 

santé physique.

Cette statistique fait partie des « améliorations les plus remarquables » identifiées dans le bilan du plan annuel 2018-2019 du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Les services offerts dans le cadre des soins à domicile (SAD) ont aussi augmenté de façon importante : le nombre d’heures d’intervention a été en hausse de 33 %, soit 210 000 heures de plus que l’an passé. Ce sont 364 usagers supplémentaires qui se sont ajoutés au nombre de personnes desservies en soutien à domicile pour la longue durée adulte. En date du 31 mars, il y avait toujours 887 usagers adultes en attente de services.

Mauvaises nouvelles

Ce plan d’action présente aussi des indicateurs qui se sont détériorés. « Les délais d’attente en imagerie se sont détériorés, même si globalement, nous avons fait 10 000 examens de plus cette année que l’an passé. Malheureusement, même si on travaille sur deux quarts de travail, ça ne suffit pas à répondre à la demande », soutient Stéphane Tremblay.

Le temps supplémentaire a aussi continué de grimper de façon importante dans toutes les directions du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Il a aussi été impossible d’éliminer les chirurgies hors délai, c’est-à-dire qui sont effectuées plus de douze mois après la demande. Au 31 mars, il y avait 58 chirurgies électives hors délai (plus de 365 jours) et six chirurgies oncologiques hors délai (plus de 90 jours).

Quel bilan le nouveau PDG du CIUSSS de l’Estrie-CHUS tire-t-il de son plan annuel 2018-2019?

« On peut parler d’un bilan relativement satisfaisant étant donné que plusieurs indicateurs se sont améliorés ou sont restés stables et que des volumes d’activités ont progressé. Mais c’est aussi un bilan qui nous démontre qu’il y a des défis pour 2019-2020, dont ceux en lien avec les défis de main-d’œuvre et en lien avec le volet jeunesse et la protection de l’enfance (voir autre texte) », explique Stéphane Tremblay.

Les « portes d’entrée » sous la loupe

Garder les employés au travail et les utiliser à leur plein potentiel, mieux comprendre l’ensemble des « portes d’entrée » du réseau de la santé, améliorer les services de protection de l’enfance et assurer le volet qualité dans l’organisation : voilà les quatre objectifs auxquels va s’attarder la direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS au cours de la période estivale.

« Dans notre plan annuel 2019-2020, il y a 16 objectifs, mais pour la période estivale, nous allons concentrer toute notre énergie sur ces quatre priorités », soutient le président-directeur général (PDG) du CIUSSS de l’Estrie-CHUS Stéphane Tremblay.

Parlons d’abord des « portes d’entrée » dans le système de santé actuel.

« Les portes d’entrée, c’est ce qui préoccupe le plus la population. Les portes d’entrée, ce sont l’urgence, les groupes de médecine de famille (GMF), les CLSC... Dans notre jargon, ce sont les services de proximité. Nous recommençons un peu la réflexion sur nos services de proximité.

« On a eu un grand changement ces quatre dernières années avec la mise en place et le déploiement des GFM. Maintenant, c’est fait, les GMF sont en place avec leurs rôles et leurs responsabilités. On a des CLSC qui offrent des services. Est-ce qu’on a bien fait à tous les niveaux? C’est la réflexion que j’ai demandée à mes cadres de débuter au cours de l’été pour m’assurer qu’à l’automne, on puisse avoir une bonne idée de ce qu’on a mis en place comme portes d’entrée », ajoute M. Tremblay.

Ressources humaines

Les ressources humaines constituent aussi une grande préoccupation. Le CIUSSS compte en effet 18 000 employés. Pour l’été, 1000 autres viendront s’ajouter, souvent à temps partiel ou de façon occasionnelle. Malgré tout, ça ne suffira pas à combler tous les besoins.

« Cet été, notre priorité sera que les gens prennent leurs vacances, que ceux qui sont assignés rentrent travailler, qu’ils travaillent dans un environnement adéquat et surtout, que les gens au travail soient capables de déployer complètement leurs compétences et leurs expertises », insiste-t-il.

Protection de l’enfance

La révision des services de la protection de l’enfance est évidemment un dossier qui est sur toutes les lèvres depuis le décès de la fillette de Granby à la suite de mauvais traitements. La fillette était connue de la DPJ de l’Estrie et le CIUSSS de l’Estrie a été montré du doigt.

« C’est un sujet qui est discuté depuis plus d’un an sur les tables ministérielles, notamment parce que les signalements au Québec progressent à une vitesse alarmante. C’est la réalité au Québec, et c’est la réalité au CIUSSS de l’Estrie-CHUS », ajoute le PDG.

L’enquête interne menée par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS sera bientôt terminée. « Nous nous sommes engagés pour que les recommandations soient disponibles avant le 30 juin. Nous allons maintenir notre engagement. Une fois qu’on aura pris connaissance des recommandations, nous pourrons voir quel est le travail à faire », explique-t-il.

Agrément Canada

Un autre volet sur lequel la direction souhaite agir, c’est sa préparation en vue de recevoir les visiteurs d’Agrément Canada en octobre. L’agrément des soins de santé est un processus d’évaluation continue des organismes de soins de santé et de services sociaux par rapport à des normes d’excellence pour déterminer ce qui fonctionne bien et ce qui doit être amélioré.

« On doit y mettre les efforts nécessaires pour démontrer aux visiteurs le savoir-faire estrien. C’est un peu comme un examen : si la note n’est pas bonne, il va falloir mettre les efforts pour progresser », explique le PDG.