L’ancien député d’Orford Pierre Reid avoue aujourd’hui avoir ressenti un certain malaise avec le projet de vente d’une partie des terres du parc national du Mont-Orford.
L’ancien député d’Orford Pierre Reid avoue aujourd’hui avoir ressenti un certain malaise avec le projet de vente d’une partie des terres du parc national du Mont-Orford.

Pierre Reid éprouvait un malaise

MAGOG — L’ancien député Pierre Reid ne tenait pas un tel discours publiquement à l’époque, mais il admet maintenant sans difficulté que l’idée de vendre une partie des terres du parc national du Mont-Orford lui a rapidement déplu.

«Quand on a parlé de vendre les terres sur lesquelles on retrouve la station de ski, j’ai débarqué. C’était une idée de Thomas Mulcair. Je ne sais pas ce qu’il cherchait exactement avec un tel projet et quelle était sa motivation. Mais je me disais que ça ne marcherait pas», révèle M. Reid, lequel a justement perdu sa place au conseil des ministres en 2006.

L’ex-député d’Orford concède cependant que la réintégration des 459 hectares de terres exclues dans le parc du Mont-Orford, en 2010, a été un moment difficile à passer pour lui et le Parti libéral du Québec. 

«Le danger, c’était de fragiliser l’avenir de la station de ski, un moteur économique important dans la région de Magog. Mais la MRC de Memphrémagog a finalement décidé de l’acquérir du gouvernement et de l’opérer. Ça a bien évolué après ça. C’était la bonne décision», estime-t-il.

Avant 2006, l’ancien député d’Orford croyait davantage aux orientations du gouvernement libéral de l’époque dans le dossier du mont Orford. On prévoyait alors un échange de terrains avec la station Mont Orford afin de permettre la construction d’habitations directement au bas des pistes d’après le principe du «ski-in, ski-out».

Pierre Reid confie qu’il était favorable à ce projet, présenté par André L’Espérance, parce que le secteur manufacturier se trouvait alors en déclin dans la région de Magog.

«On a eu une série de fermetures d’usines dans ce temps-là. Beaucoup de souffrance a été occasionnée durant 10 ans par ces fermetures. Et j’avais l’impression qu’il y aurait eu des bénéfices économiques intéressants au projet d’André L’Espérance. Des emplois en tourisme et en construction auraient été créés, sans compter qu’on aurait ajouté des villégiateurs dans la région», explique M. Reid.

Le BAPE

Si un fort vent de contestation s’est levé dans ce dossier, ce serait selon l’ex-député libéral en bonne partie en raison de la tenue d’audiences environnementales en 2005. Des représentants du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement avaient passé plusieurs jours à Orford, cette année-là, pour bien jauger les impacts du projet du promoteur.

«Jean Charest avait décidé de demander la tenue d’un BAPE et ça avait été une occasion pour le mouvement de contestation de réellement prendre racine. Je me souviens que des faussetés étaient véhiculées par certains opposants. Je n’appréciais pas.»

Mais qu’importe, car M. Reid a le sentiment que les audiences du BAPE ont provoqué une prise de conscience salutaire relativement aux parcs nationaux dans la population du Québec. «Ce sont des lieux dont on s’occupe mieux aujourd’hui. Il y a eu une évolution, si on compare aux années 1960 ou 1970 par exemple. Les gens sont plus conscients de leur importance», juge-t-il.