Plus de 130 jeunes sont inscrits aux différents programmes d’activité offerts par Phelps Helps. On reconnaît sur la photo la directrice générale de l’organisme, Katie Lowry, en compagnie de Hayden Auger, Chaz Grenier, Sloan Rolfe et Alexis Auger.

Phelps Helps: contrer le décrochage et le chômage

Est-ce parce que les besoins étaient grands dans le milieu ou en raison du dynamisme des dirigeants de l’organisation? Sans doute un peu des deux. Mais qu’importe, le développement de l’organisme Phelps Helps, à Stanstead, s’est effectué à un rythme particulièrement rapide depuis sa fondation en 2012.

À l’extérieur de Stanstead, Phelps Helps demeure relativement peu connu. La communauté anglophone, la première à avoir été desservie par l’organisme à but non lucratif, a déjà observé les effets de son travail. Chez les francophones cependant, peu de gens savent les bienfaits de son action.

L’organisme a été fondé en 2012 par Catherine Van der Linden et Jeanie Markwick. Le haut taux de décrochage scolaire chez les jeunes, à Stanstead, inquiétait les deux femmes et celles-ci ont voulu agir pour contrer le phénomène de manière durable.

« Il y avait un gros problème de décrochage dans la région qu’on dessert. Environ 38 pour cent des élèves quittaient l’école sans avoir un obtenu diplôme », révèle Katie Lowry, directrice générale de Phelps Helps.

Sans surprise, le taux de chômage est élevé dans la région Stanstead. Environ 35 pour cent des personnes âgées de 25 et 64 ans n’auraient pas d’emploi. L’économie locale tourne à un bon rythme, mais les entreprises du secteur auraient embauché beaucoup de travailleurs provenant des municipalités environnantes au cours des dernières années.

« Le fait que plusieurs personnes n’ont pas de diplôme est un facteur important à considérer lorsqu’on parle du taux de chômage ici, note Katie Lowry. Par contre, il faut aussi tenir compte du fait qu’un bon nombre d’habitants du coin ne maîtrisent pas bien le français, ce qui a une incidence sur leur capacité à dénicher un travail. »

Évidemment, il existait déjà des services pour les décrocheurs et les chômeurs avant la fondation de Phelps Helps. Mais ils étaient peu accessibles pour les gens de la région de Stanstead, laquelle est relativement éloignée des principaux centres urbains de l’Estrie. Les fondatrices de l’organisme ont donc senti qu’il fallait agir au plan local plutôt que régional.

Les services

Phelps Helps offre différents services : aide aux devoirs, période d’activités éducatives ludiques et accompagnement pour chercheurs d’emplois diplômés. L’organisme rejoint une large clientèle, soit celle des 8 à 35 ans.

Seulement sept jeunes avaient profité des services proposés en 2012. Or, plus de 130 sont présentement inscrits aux activités. Et le nouveau volet ajouté pour répondre aux besoins de la clientèle francophone connaît une popularité inespérée.

« Ça a pris quatre ans pour gagner la confiance du milieu et je dirais que, maintenant, les choses vont bien pour nous. Entre autres, on a créé plein de liens avec des organisations du secteur. Ça a permis d’établir des collaborations intéressantes et une meilleure utilisation des ressources locales. »

Les moyens financiers de l’organisation ont également augmenté de manière surprenante en six ans. Phelps Helps disposait ainsi d’un budget d’environ 250 000 $ pour l’année en cours. Des entreprises, des particuliers, des municipalités de même que les gouvernements provincial et fédéral lui offrent un soutien financier.

Six personnes sont à l’emploi de l’organisme, dont deux à temps plein. Et un groupe d’une trentaine de bénévoles, des retraités, des étudiants à l’université et autres, œuvre au quotidien auprès des participants.

Phelps Helps a connu une croissance très rapide ces dernières années. On aperçoit sur la photo la directrice générale de Phelps Helps, Katie Lowry, ainsi que la gestionnaire des opérations de l’organisme, Clea Corman.

De l’intérêt

Gestionnaire des opérations chez Phelps Helps, Clea Corman assure que, règle générale, ce sont les jeunes eux-mêmes qui décident de participer aux activités. « On essaie de faire des choses qui plaisent. Katie Lowry est professeure de formation et elle sait comment stimuler les participants », explique-t-elle.

Fréquentant l’école Sunnyside à Stanstead, Alexis Auger a justement décidé de prendre part aux activités parce que celles-ci lui apparaissaient plaisantes. Mais elle a constaté qu’elle en retirait par surcroît des bénéfices au plan scolaire.

« Ça m’aide à comprendre dans certaines matières. Mes parents travaillent et ont moins le temps de me donner de l’aide pour mes devoirs. Grâce à ça, je réussis mieux en classe », explique Alexis Auger.

Un autre élève, Chaz Grenier, laisse pour sa part entendre que sa participation n’est pas liée à un désir d’obtenir de meilleurs résultats en classe. Par contre, il reconnaît ne pas s’ennuyer quand il participe aux activités. « J’ai voulu faire comme mes amis déjà inscrits. On a du plaisir ensemble », confirme-t-il.