La prochaine cohorte de mécaniciens automobile du CRIFA aura la chance d’être payée tout au long de sa formation. Les enseignants André Castonguay et Carl Couture se réjouissent de cette avancée, nécessaire pour combler la pénurie de main-d’œuvre qui afflige le secteur.

Payés 14 $ l’heure pour étudier

Un projet pilote de formation rémunérée à 100 % verra le jour à l’automne prochain au CRIFA de Coaticook afin de remédier à la pénurie de main-d’œuvre qui frappe ce domaine. Les élèves seront payés 14 $ de l’heure qu’ils soient en classe ou en compagnonnage dans un garage de la région, en plus de se voir garantir un emploi au terme de la formation.

Un projet entériné par la Commission des partenaires du marché du travail et du Comité paritaire de l’industrie de l’automobile de l’Estrie permettra à 22 futurs mécaniciens automobiles de suivre une formation de deux ans entièrement rémunérée, du jamais vu dans ce domaine d’études.

« Actuellement, 90 % des entreprises dans le domaine ont des difficultés importantes à recruter des employés. La situation n’est pas destinée à s’améliorer, car une récente étude a démontré que 22 % des mécaniciens automobiles vont partir pour la retraite au cours des 10 prochaines années, explique le directeur du CRIFA Claude Giguère. C’est l’un des 15 métiers au Québec qui sont les plus affligés par la pénurie de main-d’œuvre. »

« Les élèves passeront 60 % de ces heures à l’école et l’autre 40 % dans les garages qui participent au projet. Ils seront payés aux deux semaines comme des employés et se verront donner un emploi dans leur garage à la fin de la formation, poursuit-il. En plus de motiver les jeunes à s’inscrire, on espère attirer une nouvelle clientèle. Bien des jeunes travailleurs d’usine ne peuvent pas se permettre de retourner aux études et d’arrêter de faire des revenus pendant leur formation, ce qu’ils pourront maintenant faire avec ce projet pilote innovateur. »

Une forme de compagnonnage

Cette nouvelle formule permettra aussi aux élèves de passer plus de temps sur le terrain que sur les bancs d’école. Ils passeront deux blocs de 175 heures chaque année dans un des 22 garages participants, question d’apprendre directement des mécaniciens automobiles et de ne pas passer de trop longues périodes sans aller directement sur le terrain.

« C’est une forme de compagnonnage, les élèves vont passer deux blocs de 10 semaines par année chez le même garagiste. Comme ils seront directement sur le terrain, ils découvriront la réalité du marché du travail et feront face aux vrais problèmes qui surgissent dans ce métier », témoigne Carl Gagnon, enseignant en mécanique automobile au CRIFA.

« Ils auront la chance de travailler dans les plus grandes bannières en mécanique automobile comme Napa, Canadian Tire, AutoValue et j’en passe, enchaine l’enseignant. On a choisi de les envoyer dans des garages généralistes pour qu’ils fassent un peu de tout et qu’ils touchent à toutes sortes de voitures. Ils développeront beaucoup de compétences diverses et travailleront pour un employeur de choix à la fin de la formation. »

Le Centre 24-Juin emboite le pas

De son côté, le Centre 24-Juin de Sherbrooke offrira des conditions semblables à ses élèves en mécanique automobile.

« Dans le contexte actuel de rareté de la main-d’œuvre, une vingtaine de concessionnaires automobiles et garages spécialisés recherchent des mécaniciens qualifiés pour compléter leur équipe de travail. Ils sont donc nombreux à avoir accepté de mettre l’épaule à la roue pour attirer un plus grand nombre de candidats à la formation en mécanique automobile. En choisissant de prendre part à l’Alternance travail-études, chacune des entreprises s’est engagée à contribuer aux apprentissages des stagiaires et à les rémunérer pendant leur présence au garage », a fait savoir Patrick Lessard, directeur adjoint de l’établissement, par voie de communiqué.