Le gouvernement du Québec n’a pas abandonné son projet d’agrandissement du parc national du Mont-Orford, qui remonte à plus de 10 ans.

Parc du Mont-Orford : 17,7 M$ dépensés par Québec

Le gouvernement du Québec n’a pas abandonné son projet d’agrandissement du parc national du Mont-Orford, qui remonte à plus de 10 ans. Il a jusqu’à présent dépensé une somme de 17 680 675 $ pour acquérir les terrains nécessaires à la concrétisation de son projet.

Pour acheter les terrains convoités, le gouvernement provincial a notamment offert 11,4 M$ à l’entreprise Les Frères Greif Canada, 4 M$ à la Station Mont-des-Trois-Lacs et 992 191 $ au regretté Jacques Darche.

Une somme d’un million $ a également été versée à Les Placements Bombardier, mais ce montant ne constitue qu’une « indemnité provisionnelle ». Relationniste de presse au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, Sylvain Carrier note que le montant total auquel les Bombardier auront droit sera déterminé et versé plus tard.

Québec a acquis des terrains s’étendant sur 43 kilomètres carrés pour réaliser son projet d’agrandissement. Le parc national du Mont-Orford a pour sa part une superficie de 59,5 km carrés.

Il importe de souligner que le projet d’agrandissement a été modifié au cours de l’automne 2013. À cette époque, on avait décidé d’attribuer le statut de « réserve de biodiversité » à une partie des terres qui devaient être ajoutées au parc du Mont-Orford. Le territoire retranché possède une superficie de 8,6 km carrés.

Le retrait de cette portion des terrains ciblés pour l’agrandissement du parc serait lié à « la présence de sentiers régionaux pour véhicules hors route à cet endroit ».

Député d’Orford, Gilles Bélanger est conscient que le projet a été mis en branle il y a plusieurs années déjà et que de nombreuses personnes attendent sans doute avec impatience qu’il se concrétise. Mais il invite à la patience.

« Les délais sont principalement reliés à l’acquisition de terrains, souligne M. Bélanger. Une série d’intervenants sont impliqués et on a dû procéder, dans la plupart des cas, à une expropriation. Ça entraîne donc des délais qui sont hors du contrôle du Ministère, compte tenu que des procédures légales sont souvent nécessaires. »

Notons par ailleurs que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a concocté des projets de cession de terrains aux municipalités de Racine et de Saint-Denis-de-Brompton. Ils permettront aux deux localités de procéder à la « mise aux normes de chemins ou d’installations de traitement des eaux usées. »

Les terres qui seront ajoutées au parc du Mont-Orford englobent en outre le lac La Rouche. Les futures frontières de l’aire protégée longeront par surcroît une partie des rives du lac Brompton.

Rappelons que ce projet d’agrandissement avait été annoncé alors que le gouvernement libéral de Jean Charest souhaitait retrancher une partie des terres appartenant au parc du Mont-Orford, cela afin de les vendre à une entreprise privée qui aurait du même coup acheté la station de ski Mont Orford.

La réflexion s’amorce

Directrice du parc du Mont-Orford, Brigitte Marchand confie que la réflexion concernant le développement de la portion de territoire qui sera annexée à l’aire protégée s’amorce à peine.

« On commence tout juste à penser à cette question. Avec une de mes collègues du parc et des représentants du Ministère, on a passé trois jours sur le nouveau territoire l’an dernier. L’idée, c’est de se faire tranquillement une tête. Oui, il y a des endroits intéressants. Mais c’est trop tôt pour dévoiler des orientations », admet Mme Marchand.

Notons qu’une consultation publique se tiendra avant l’ajout des terres acquises à l’aire protégée. Cette consultation sera suivie par la rédaction du plan directeur, qui présentera « les propositions retenues au sujet du périmètre, du zonage, du concept d’aménagement ainsi que des orientations de gestion ».