Un parapentiste a perdu la vie dimanche à Mont-Saint-Pierre en Gaspésie. Une infirmière de la région s’est portée à son secours.

Parapentiste décédé: une infirmière bromoise a tout tenté

Les vacances d’Hélène Dagenais en Gaspésie ont pris une tournure aussi triste qu’inattendue, dimanche midi. Présente sur les lieux d’un grave accident de parapente, l’infirmière de Lac-Brome s’est portée au secours de la victime sans hésiter. Or, malgré les efforts acharnés des sauveteurs, l’homme n’a pas survécu.

En compagnie de membres de sa famille, Mme Dagenais assistait aux activités du Festival du vol libre dans le village de Mont-Saint-Pierre. Leur séjour débutait à peine, l’ambiance était agréable. Après le dîner, le petit groupe s’est rassemblé à l’extérieur pour admirer les prouesses des parapentistes, quand l’infirmière d’expérience a entendu la rumeur d’un accident.

« On les voyait partir d’en haut et arriver sur la plage. C’était beau à voir. Puis, on nous a dit qu’il y avait quelqu’un à l’eau. En approchant de la plage, j’ai vu une chaloupe arriver avec quelqu’un qui faisait un massage cardiaque à un homme. J’y suis allée. »

Après s’être identifiée, la Bromoise a prestement offert son aide aux deux personnes qui tentaient les manœuvres de réanimation directement dans l’embarcation. À l’arrivée des ambulanciers, elle n’a pas abandonné, leur donnant un coup de main jusque sur la plage. « On se relayait », raconte celle qui travaille depuis de nombreuses années à l’Hôpital Brome-Missisquoi-Perkins de Cowansville.

Massage manuel, défibrillation, intubation, les sauveteurs ont fait l’impossible durant plus d’une heure. En vain. « On a tenté le tout pour le tout. Les minutes passent tellement vite dans ces situations. »

L’homme — dans la quarantaine, estime Mme Dagenais — aurait été victime des caprices d’Éole. « Les vents là-bas peuvent être très changeants. On dit qu’en atterrissant, le vent l’a porté sur le bout des rochers, dans la baie. Le vent a ensuite pris dans sa voile et l’a poussé à l’eau. »

Si elle a accepté de parler à La Voix de l’Est, c’était à la condition que sa photo ne soit pas publiée. Avec modestie, la dame affirme qu’elle n’a aucun mérite. « J’étais de passage et je suis allée aider, c’est tout », glisse-t-elle, en vantant plutôt le calme et la maîtrise de l’ambulancier responsable de l’opération.

Après le drame, Hélène Dagenais et sa famille n’avaient plus le cœur à la fête. Ils ont donc quitté Mont-Saint-Pierre et poursuivi leur route un peu plus loin, question de décanter un peu.

Bien qu’elle soit habituée à ce genre de situation d’urgence, cela n’amoindrit pas la charge émotive, admet-elle.

« Sur le moment, tu vis bien la situation, mais quand l’adrénaline tombe... J’ai pensé à lui toute la soirée et toute la nuit. J’ai pensé à sa famille, à ceux qui restent. C’est triste. La vie est tellement fragile ! »