« Il est peut-être temps de penser à créer une zone tampon, des deux côtés de la frontière, où il ne serait pas possible de placer des infrastructures très polluantes pouvant nuire au pays voisin », suggère Denis Paradis.

Paradis propose une « zone tampon » à la frontière

Tous espèrent que leurs voisins se comportent de façon respectueuse. Reprenant ce principe, le député de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, souhaite justement que les États-Unis et le Canada fassent eux aussi preuve de respect l’un envers l’autre, surtout lorsqu’il s’agit d’activités à forts impacts environnementaux près de la frontière.

Mercredi, M. Paradis a déposé un projet de loi visant à faire en sorte que les cours d’eau et les lacs traversant la frontière canado-américaine profitent d’une meilleure protection au plan environnemental.

Le projet de loi préparé par le député de Brome-Missisquoi vise à modifier le Traité relatif aux eaux limitrophes, un document signé par le Canada et les États-Unis qui existe depuis pas moins de 110 ans.

« Il est peut-être temps de penser à créer une zone tampon, des deux côtés de la frontière, où il ne serait pas possible de placer des infrastructures très polluantes pouvant nuire au pays voisin », suggère Denis Paradis.

Le cas du site d’enfouissement de Coventry, au Vermont, préoccupe fortement le député Paradis. Ce large dépotoir se trouve en bordure de la rivière Black, laquelle se jette dans le lac Memphrémagog. Or, faut-il le rappeler, ce large plan d’eau s’étire des deux côtés de la frontière canado-américaine et sert de réservoir d’eau potable à plus de 150 000 personnes en Estrie.

« Je ne me fais pas d’illusion : mon projet de loi ne sera pas adopté durant les prochaines semaines, ce sera plus long que ça, reconnaît sans difficulté M. Paradis. Malgré tout, il pourrait éventuellement stopper la progression du site de Coventry, dont les propriétaires désirent l’agrandissement au cours des prochaines années. »

Des négociations

Afin que le Traité sur les eaux limitrophes soit modifié, le projet de loi proposé par le député de Brome-Missisquoi prévoit que le ministre des Affaires étrangères « entreprenne des démarches » en ce sens.

À ce sujet, Denis Paradis a rencontré la ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, et sa collègue Catherine McKenna, qui est à la tête du ministère de l’Environnement et du Changement climatique du Canada, mercredi.

« Chrystia Freeland est responsable du traité pour le Canada. Elle aura à discuter avec les Américains pour faire avancer ce dossier. C’est sûr qu’en ce moment le gouvernement américain n’est pas vraiment pro-environnement. Mais il faut se souvenir que la politique évolue », explique le député de Brome-Missisquoi.