Le député de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, réclame l’intervention de la Commission mixte internationale dans le dossier Coventry.

Paradis demande une enquête mixte sur Coventry

Craignant une éventuelle contamination de l’eau du lac Memphrémagog, le député de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, réclame l’intervention de la Commission mixte internationale dans le dossier Coventry.

Au cours des dernières semaines, M. Paradis a effectué des « démarches auprès de différentes instances gouvernementales canadiennes et américaines » dans le but de les convaincre de la pertinence de mener une enquête sur les impacts environnementaux du projet d’expansion du site d’enfouissement de Coventry, au Vermont.

Selon la proposition du député de Brome-Missisquoi, l’enquête serait menée par la Commission mixte internationale, qui est formée de trois commissaires canadiens et d’autant en provenance des États-Unis.

« Je demande à la ministre des Affaires étrangères du Canada de donner un mandat à la Commission mixte pour faire enquête et remettre un rapport détaillé aux autorités canadiennes sur la situation du site d’enfouissement de Coventry », déclare Denis Paradis.

De l’avis de M. Paradis, le projet d’agrandissement du dépotoir de la compagnie Casella Waste Services « doit être arrêté tant et aussi longtemps que les recommandations de la commission ne seront pas remises aux gouvernements canadien et américain ».

Le député fédéral de Brome-Missisquoi souhaite que la Commission mixte internationale se saisisse du dossier précisément parce qu’elle est composée de représentants canadiens et américains. 

« Actuellement, ce sont des gens du Vermont qui sont en train de juger d’un projet dans cet État. J’aimerais mieux un organisme plus impartial », avoue-t-il.

Évidemment, Denis Paradis sait que la commission environnementale du district sept, au Vermont, a prévu tenir une audience en janvier afin d’entendre des intervenants et organisations inquiètes au sujet du projet d’agrandissement du dépotoir de Coventry. Il ne s’oppose pas à celle-ci, mais il affirme qu’il ne faut pas attendre sa tenue avant d’aller de l’avant avec une enquête.

« Des gens voudraient qu’on laisse d’abord passer cette audience puis qu’ensuite on prenne acte de la situation. Cependant, moi je pense qu’il n’est pas trop tôt pour mandater la Commission mixte. »

M. Paradis soutient que, traditionnellement, la Commission mixte internationale est davantage intéressée par les dossiers qui concernent les Grands Lacs situés à la frontière canado-américaine. « Mais je suis en train d’amener le Memphrémagog sur le radar. Et puis je m’aperçois qu’à l’échelle nationale, on n’est pas les seuls à avoir des inquiétudes par rapport à une étendue d’eau moins connue qui traverse en sol américain », dit-il.

Par ailleurs, le député d’Orford Gilles Bélanger a indiqué à La Tribune qu’il s’attendait à ce que les autorités du Vermont s’efforcent d’offrir plus d’informations et des garanties supplémentaires aux personnes qui craignent pour la santé du lac Memphrémagog, réservoir d’eau potable pour plus de 150 000 personnes en Estrie.

« Le dossier avance très bien en ce moment. Les gens du Vermont ont accepté d’entendre de nombreux intervenants lors de l’audience qui aura lieu en janvier et c’est une bonne chose. L’important, c’est qu’un suivi sérieux soit fait et que la population puisse être rassurée », a-t-il affirmé.