Pierrette Labranche, copropriétaire du Dépanneur Fusée J. C. à Bolton-Est, n’a pas beaucoup dormi durant la fin de semaine puisque son commerce a été privé de courant durant plus de 30 heures.

Pannes de courant: « Je suis à bout »

Pierrette Labranche en a assez. Son commerce, le Dépanneur Fusée J.C. à Bolton-Est, a été privé de courant pendant plus de 30 heures durant la fin de semaine. Elle déplore les communications d’Hydro-Québec qui selon elle garde les citoyens dans le noir.

Après avoir manqué de courant dans la nuit de vendredi à samedi, le dépanneur de Bolton-Est a dû attendre jusqu’à dimanche en fin d’avant-midi avant de retrouver l’électricité. Une situation inacceptable selon la propriétaire.

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« Ce qui m’écœure, c’est que j’ai été patiente, mais dimanche matin quand ils ne pouvaient pas me dire s’il y avait une équipe sur place et qu’ils ne pouvaient pas me dire quand l’électricité reviendrait, je me suis fâchée. C’est très frustrant pour des petits commerçants comme nous qui n’avons pas les moyens de se payer une génératrice à 20 000 $ ».

« C’est une petite communauté et c’est nous qui informons les gens des alentours, poursuit-elle. Et comme de raison, les bureaux de la municipalité sont fermés la fin de semaine. Hydro-Québec n’est même pas capable de nous dire si l’électricité va revenir dans deux, quatre ou six heures. Ce n’est vraiment pas drôle quand ça fait 31 heures. Le village voisin n’a pas de dépanneur et le courant est revenu à 7 h 30 dimanche. »

La génératrice du commerce a tenu le coup, mais elle était à la veille de lâcher lorsque le courant est revenu selon Mme Labranche.


« Les pannes de la fin de semaine sont exceptionnelles de par leur importance. »
Sandrine Brindejonc

« On a un panneau électrique qui fonctionne avec notre génératrice, mais on est obligé d’alterner les pièces à réfrigérer sinon on ne passerait pas au travers. Ça fonctionne bien quand on manque d’électricité durant quatre heures par exemple, mais dimanche matin la génératrice commençait à avoir de la difficulté. Pour la bière ou la liqueur, ce n’est pas très grave, mais on a des produits laitiers, des fromages, du beurre, de la viande froide et des légumes. »

« Je sais qu’avec des pannes généralisées ce n’est pas évident, résume-t-elle. Je ne veux pas blâmer les élagueurs ou les gens d’Hydro-Québec, mais est-ce que c’est possible de se sentir respectée et d’avoir de l’information à jour ? »

« Les pannes de la fin de semaine sont exceptionnelles de par leur importance, explique Sandrine Brindejonc, porte-parole d’Hydro-Québec. Dans un cas comme celui-ci, on retire les heures estimées de rétablissement sur notre carte pour donner la chance à nos équipes de bien patrouiller dans les secteurs concernés et de déterminer les causes de la panne. On comprend nos clients et on les remercie de leur compréhension parce que certains sont sans électricité depuis plusieurs heures, mais je peux vous assurer que nos équipes travaillent d’arrache-pied pour rétablir le courant. »

Des milliers d’abonnés toujours dans le noir

Des milliers de clients d’Hydro-Québec étaient toujours privés d’électricité dimanche en soirée, certains depuis vendredi soir, en raison des vents violents qui se sont abattus sur le Québec, mais aussi en Ontario et au Nouveau-Brunswick.

À 21 h dimanche, la situation s’était grandement améliorée, mais environ 2791 abonnés n’avaient pas encore recouvré l’électricité, principalement en Montérégie. En Estrie, on comptait encore 40 pannes pour 363 clients.

Au plus fort des pannes, dans la nuit de vendredi à samedi, plus de 275 000 clients n’avaient pas le courant.

« On est content d’avoir réussi à rebrancher 97 pour cent et plus des gens qui étaient privés de courant, mais il reste des endroits où ça pourrait prendre encore quelques heures, même aller jusqu’à demain matin (lundi) », a déclaré un porte-parole d’Hydro-Québec, Francis Labbé, en fin de journée dimanche.

Hydro-Québec explique que les interventions sont parfois complexes, en raison de branches ou d’arbres tombés sur le réseau, qui doit d’abord être libéré pour permettre les réparations.

Les vents ont aussi balayé l’Ontario, où environ 50 000 clients d’Hydro One étaient toujours sans électricité vers 17 h dimanche. Avec la Presse canadienne