Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.

Owl’s Head: des propriétaires inquiets, selon un sondage 

Coralie Beaumont
Coralie Beaumont
La Tribune
Article réservé aux abonnés
L’Association des propriétaires Owl’s Head Owners Association (APOHOA) a révélé les résultats de son sondage mené auprès de leurs membres, à savoir 184 résidences. Au total, 124 participants anonymes ont répondu et plus de 70 commentaires généraux ont émis. On y découvre qu’une majorité s’inquiète surtout des impacts environnementaux.

Rappelons que le développement du mont Owl’s Head a fait couler bien de l’encre, notamment depuis que Robert Benoit, le président du Memphrémagog Conservation (MCI), a dénoncé un « carnage environnemental » qui a « saccagé l’un des plus beaux paysages de notre patrimoine ». 

Dans le sondage accessible publiquement (LIEN : https://www.apohoa.org/sondage), 72% des répondants se disent préoccupés ou très préoccupés par des enjeux environnementaux comme la gestion du ruissellement des eaux, le déséquilibre des écosystèmes ou encore la déforestation. En comparaison, les questions de sécurité comme la vitesse des voitures et la gestion du trafic de camions préoccupent 46% des sondés.

Un participant fait valoir que « d’un autre côté, si on met trop de bâtons dans leurs roues, j’ai peur que DOH déclare faillite et que ma propriété perde de la valeur ». Un autre pense d’ailleurs qu’il est « primordial d’assurer la pérennité de la montagne », ce qui nécessite « des investissements majeurs et de la construction domiciliaire ». 

« Et n’oubliez pas, sans le développement immobilier, il n’y aura plus de saison de ski. Fini la montagne ! », commente un autre.

« On est vraiment pour le développement de Owl’s Head », assure Marie-Élaine Hvizdak, la présidente de l’APOHOA. Elle explique que « Destination Owl’s Head (DOH) fait preuve d’une très grande écoute envers nous et leurs démarches auprès de la municipalité sont très positives ». 

Elle est d’avis « qu’ils ont même été au-delà de ce qu’ils seraient obligés de faire en tant que développeurs ». Pour elle, ce sondage est donc l’occasion de recueillir l’opinion de leurs membres et de poursuivre la collaboration avec DOH et la municipalité. « Je pense que cela va nous aider tous les trois à aller dans la bonne direction. Ça va nous permettre de continuer le dialogue ».  

Meilleur encadrement

68% des répondants pensent que DOH « nécessite d’être suivi de plus près dans la réalisation de leurs projets » et 59% voudraient que soit réalisée « une étude faisant appel à des experts externes ». Certains répondants sont d’ailleurs prêts à assumer les coûts de cette expertise. 30% seraient prêts à donner 100$ et 13% donneraient 250$ de leur poche. Deux répondants offriraient même plus de 1000$. 

« Pourquoi les questions ne se sont pas posées avant que le projet début ? », se demande un sondé. « On s’est laissés endormir par les propos techniques. Manifestement, si on avait pu voir le ravage que ça amène, personne n’aurait laissé se produire ce projet, vraiment excessif », commente un autre.

Toutefois, 44% ne veulent pas offrir de soutien financier. Pour certains, ce fardeau financier devrait revenir à la municipalité ou à la MRC. « Il me semble que nos taxes sont assez élevées pour parer aux coûts de ces études, la surveillance et l’application de mesures plus coercitives », commente un participant. 

Un autre est du même avis. « Je pense que ce devrait être à la municipalité d’assumer les couts des études et services en matière d’environnement et de conservation, afin de préserver le fragile écosystème de la montagne ».

Mme Hvizdak confirme que l’APOHOA « n’ira pas de l’avant avec une étude », car « les chiffres ne sont pas concluants ». Elle ajoute que DOH « nous a indiqué qu’on ne peut pas nécessairement envoyer des experts sur le site dans la montagne. Alors, nous on laisse faire l’étude ».

Des routes qui ne passent pas

Concernant le projet de prolongement du chemin Panorama, ils sont 62% à s’inquiéter du respect de l’environnement et du risque de déforestation. Une citoyenne qui tient à garder l’anonymat a confié à La Tribune avoir été surprise par la largeur de la route. « Je pense que tous les citoyens souhaitent que ce soit bien fait. On comprend que tout est fait à l’intérieur des règles. Mais, pour la nouvelle route, tout le monde a été surpris de la largeur. Tout le monde ! » dit-elle en expliquant toutefois que cela serait une exigence légale pour permettre aux pompiers et aux ambulances de passer. 

Ces inquiétudes font échos aux critiques de Robert Benoit, qui n’hésite pas à parler de « chemin-autoroute ». « Il y a 52 000 personnes qui rentrent chaque jour dans Chamonix. Sur le chemin, les autos se tassent dans le gazon pour laisser passer les gens qui arrivent en direction inverse », illustre-t-il. Il explique encore que devant chez lui, la route est assez large pour une voiture. « Les pompiers sont venus deux fois, il n’y a pas eu de problème. Quand le camion de pompier a fini, il passe sur le gazon ».

Mais M. Benoit pense que « la ville réalise que bâtir des chemins de 30 pieds de large pour quatre maisons, cela n’a aucun bon sens » et il se dit d’ailleurs convaincu qu’elle voudrait aussi réduire la largeur des chemins. 

Un sondage biaisé ? 

Quelques commentaires mettent en doute l’objectivité du sondage. « Je trouve que le questionnaire est biaisé et semble vouloir critiquer DOH », soulève une personne. « On est vraiment au milieu », réagit Mme Hvizda qui considère que le sondage a obtenu un « haut pourcentage » de réponses. Elle explique que c’est justement un commentaire similaire qui a justifié la tenue du sondage, pour s’assurer de représenter l’opinion des membres. « On s’est dit qu’il fallait vraiment savoir ce que nos membres pensent parce qu’on est peut-être dans le champ ».

La présidente explique que l’APOHOA est, à la base, « n’est pas là pour gérer une chose comme cela ». En effet, l’objectif de son association est de prôner le mieux-vivre sur la montagne, de favoriser les interactions entre les résidents et le respect d’un code de vie. 

Ce sondage a été transmis à Destination Owl’s Head et à la municipalité de Potton. « On les a invités à communiquer avec nous pour qu’on puisse parler des résultats du sondage ».