Pour Karel Ménard, du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, l’approche préconisée par le Val-Saint-François est exemplaire.

Opération Verre-vert : « Il faut bouger et ça presse »

RACINE — Précurseurs dans la province, les instigateurs de l’Opération Verre-vert ont été invités à soumettre un mémoire à la commission parlementaire qui doit se pencher, du 12 au 15 août, sur les enjeux du recyclage du verre au Québec.

Son porte-parole Jean-Claude Thibault entend faire la démonstration que la crise du recyclage a fait naître du cynisme dans la population, surtout chez les jeunes, dit-il, et qu’il y a urgence d’agir.

« Actuellement, il y a une démobilisation parce qu’ils voient que c’est un peu de la cochonnerie ce qu’on fait et ils en sont déçus. Si on ne bouge pas, le cynisme va tellement se développer qu’on ne pourra plus rien faire dans le recyclage. Il faut bouger et ça presse. Il faut que le gouvernement envoie un signal clair. »

Pour lui, le statu quo est inacceptable tandis que la consignation des bouteilles de vin omet tous les autres contenants de verre qui continueront de contaminer le bac de récupération. Il faudrait donc élargir la consigne à l’ensemble des contenants de verre pour arriver au même résultat que le dépôt volontaire.  

En attendant, fait-il valoir, ce dernier système a l’avantage de se mettre en place rapidement et à moindres coûts.

Pour Karel Ménard, du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, l’approche préconisée par le Val-Saint-François est exemplaire et fait clairement partie de la solution pour résoudre la crise du recyclage.

Très critique du projet pilote mené à grands frais dans cinq centres de tri de la province pour tenter d’améliorer leur performance dans le recyclage du verre, il estime que la collecte sélective municipale a montré ses limites et qu’elle doit être repensée.

C’est la position qu’il défendra devant la commission parlementaire. « Il y a des matières qu’on devrait voir dans le bac de récupération et d’autres, comme le verre, qu’on ne devrait pas y voir. Il devrait y avoir plusieurs systèmes de récupération au Québec, dont la consigne, dont l’apport volontaire, en plus du bac de récupération. »

Confiant

Après six ans de démarches, Jean-Claude Thibault est confiant que le gouvernement provincial saura entendre raison.

« C’est un nouveau gouvernement, commente-t-il. Il est parti un peu tout croche en environnement, mais honnêtement on a l’impression qu’il est capable de s’ajuster si les pressions sont là et c’est ce qu’on vient de faire aujourd’hui avec la MRC qui a décidé envers et contre le manque de soutien financier du gouvernement d’emprunter des sommes qui n’étaient pas budgétées pour acquérir ses six premiers conteneurs. »

L’objectif est de passer à 11 conteneurs l’an prochain dans les 18 municipalités du Val-Saint-François, dévoile-t-il.

« Quand les gens vont comprendre les limites du système actuel, ils vont agir, espère Jean-Claude Thibault. Pour atteindre un taux de récupération du verre de 82 % comme en Europe, on se donne encore quatre ans. »


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Ailleurs en Estrie 

Alors que toute la MRC du Val-Saint-François passe au dépôt volontaire du verre ce mois-ci et que plusieurs Estriens ont interpellé leurs élus ces derniers mois pour qu’ils fassent de même, coup d’œil non exhaustif sur l’état de la situation en Estrie.

Sherbrooke

Le conseil municipal n’a pas encore statué sur ce qu’il entend faire. Un comité citoyen recommande l’installation de conteneurs et a lancé une pétition pour récolter des appuis. Mardi soir, elle avait passé le cap des 3200 signatures.

MRC de Memphrémagog

Eastman, Orford et le Canton de Hatley ont leur conteneur à verre. Magog a émis le souhait d’aller de l’avant pour 2020.

MRC des Sources

La Ville d’Asbestos veut profiter de la relocalisation de son écocentre pour offrir un espace pour recevoir le verre. Ce serait d’ici la fin de 2019.

MRC de Coaticook

En avril, la MRC a statué que puisqu’elle récupère 80 % du verre via les collectes de porte-à-porte, elle souhaite s’attaquer à d’autres problématiques de gestion des matières résiduelles.

MRC du Haut-Saint-François

Les AFEAS de Cookshire et de Sawyerville ont interpellé les maires, en juin, pour instaurer des dépôts volontaires. Le préfet a répondu via l’hebdomaire local que la collecte de déchets est de compétence municipale et que la demande doit être faite à chaque municipalité.

MRC du Granit

Le verre doit être déposé dans le bac de récupération. La matière est traitée chez Récupération Frontenac qui a fait partie du projet pilote d’Éco Entreprises Québec pour améliorer les performances de tri.