Observatoire du Mont-Mégantic: les universités ont fait leurs devoirs

LAC-MÉGANTIC - Les universités propriétaires de l'Observatoire du Mont-Mégantic ont fait leurs devoirs et la balle est maintenant dans le camp des fonctionnaires du gouvernement fédéral.

C'est ce que le directeur général de l'Observatoire, René Doyon, a tenu à préciser concernant le dossier de son organisme, qui craint à nouveau une panne de financement.

« L'Université de Montréal et l'Université Laval ont fait leurs devoirs. L'Observatoire dépend du ministère des Sciences de la ministre Kirsty Duncan pour son financement, à titre d'organisme du milieu scientifique », ajoute-t-il.

« C'est cependant la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, dans une lettre datée du 10 mai dernier, qui nous a demandé un plan stratégique pour le financement de l'Observatoire, un modèle pour en assurer la pérennité, de même que des lettres d'appuis.

« Nous avons fait nos devoirs en répondant à ces demandes le 6 juin dernier. Nous avons fourni notre modèle de financement conjoint avec le provincial et le fédéral, sur cinq ans, renouvelable. Nous avons joint une quinzaine de lettres d'appuis provenant du Canada, des États-Unis et d'Europe, lettres que nous avons obtenues, entre autres, de partenaires évoluant autour de la NASA... Nous avons également rencontré, le 8 juin, la chef de cabinet de la ministre Duncan et deux de ses associés. Nos propositions étaient constructives, avec des avenues possibles, comme le font les instituts de recherche. Nous avons été surpris, cependant, de nous faire dire qu'il y avait les avenues du privé à investiguer... Car il n'y a aucun organisme du Canada qui dépend de la générosité de mécènes ou de compagnies privées pour leur financement récurrent. »

M. Doyon a insisté sur le fait que l'Observatoire, depuis 2015, s'est démarqué par ses recherches sur les exoplanètes, entre autres, « alors qu'on a fait de grosses découvertes en observant des planètes à l'extérieur de notre système solaire ».

« L'Observatoire, ce n'est pas seulement le télescope... Nous avons développé une expertise qui nous a attiré des fonds privés, comme la fondation familiale Trottier. M. Lorne Trottier nous a fait don de 2 millions $ sur cinq ans pour nos activités grâce à nos instruments développés à l'Observatoire. Cela amène des gens de l'extérieur à venir chez nous, nous attirons des cerveaux. Mais en astronomie, le financement provient de fonds publics et de projets internationaux », fait-il remarquer.

Il prétend également que le député de Sherbrooke, Pierre-Luc Dusseault, n'avait pas complètement tort de tirer la sonnette d'alarme en questionnant le premier ministre, à la Chambre des communes, le 12 juin dernier.

« Premièrement, nos discussions durent depuis plusieurs mois et notre dossier n'avance pas vraiment. Nous sommes encore au même point qu'il y a trois ans. Ça fait des années que le problème perdure et ce n'est pas nous le problème... Nous avons simplement affiché l'échéancier. Nous ne pouvons pas attendre la veille du 31 mars 2019, fin de notre subvention, pour faire des plans ou fermer nos portes, il y a des implications légales, nous avons des employés. On peut tolérer un délai de six mois, cela nous place le 1er septembre 2018. Si on ne trouve pas de solution auparavant, nous n'aurons pas le choix d'annoncer notre fermeture », prévient l'homme de sciences, qui se dit tout de même optimiste.