La plage où Maykel Anturi Pena s’est noyé n’était pas surveillée vendredi dernier.

Noyades: des cours de natation obligatoires au Québec?

Comment éviter la répétition de noyades comme celle survenue au lac Fraser jeudi soir? Des gens diront que, quoi qu’on fasse, il y aura toujours des accidents. Mais certains intervenants pensent qu’il est temps, au Québec, d’obliger tous les enfants à suivre des cours de natation.

Ex-président de la Traversée internationale du lac Memphrémagog, Jean-Guy Gingras est d’avis que Maykel Anturi Pena, qui s’est noyé à 20 mètres de la rive dans les eaux du lac Fraser, aurait aisément pu échapper à la mort s’il avait davantage pratiqué la natation durant son enfance et son adolescence. Plusieurs proches du jeune homme de 24 ans ont en effet témoigné qu’il était un piètre nageur.

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« Tous les enfants devraient apprendre à nager, suggère M. Gingras. Il faudrait un programme presque automatique. Ça pourrait être fait en collaboration avec les écoles, car tous les jeunes passent par là. »

Et, selon lui, il serait préférable d’offrir les cours dès les premières années du primaire. « Il y a beaucoup de jeunes de 5, 6 ou 7 ans qui ne savent pas nager. Même à cet âge-là, ce serait utile. Des jeunes qui se retrouvent à l’eau involontairement, dans une piscine ou dans un lac, ça arrive régulièrement. C’est important qu’ils puissent se débrouiller seuls si personne n’est en mesure de les aider en cas de difficulté », affirme-t-il.

À ce sujet, il raconte être lui-même intervenu pour aider un cousin qui éprouvait de sérieuses difficultés dans l’eau alors qu’il n’avait que « cinq ou six ans. J’avais des rudiments et je savais de quelle manière m’approcher de lui sécuritairement. »

Directrice du parc national du Mont-Orford, Brigitte Marchand verrait également d’un bon œil la mise en place d’un programme grâce auquel tous les enfants apprendraient à nager. Mais elle va plus loin en proposant de mieux former la population aux méthodes de réanimation cardio-respiratoire.

« Il y a des États où à peu près tous les citoyens ont suivi un cours de RCR, souligne Mme Marchand. Ça fait en sorte que, de façon générale, les gens savent comment intervenir lorsqu’une personne est trouvée inconsciente ou en arrêt cardiaque. »

Évidemment, la directrice du parc du Mont-Orford aurait préféré que Maykel Anturi Pena regagne la rive sans difficulté jeudi dernier. Elle n’a d’autre choix, compte tenu des circonstances, d’inciter la population à la prudence en bordure des lacs et cours d’eau.

« La responsabilisation des gens est importante, soutient-elle. On ne peut pas mettre des clôtures tout le tour des lacs dans les parcs nationaux. On a des plages surveillées et on informe le public concernant leurs heures d’ouverture. On patrouille également les différentes zones de notre parc. Après ça, il appartient à tout le monde d’être vigilant. »

Maykel Anturi Pena n’avait vraisemblablement pas consommé de drogue ou d’alcool avant de se retrouver dans le lac. Cela dit, les circonstances de son décès n’ont pas entièrement été élucidées encore. Un coroner a d’ailleurs été chargé de faire enquête sur sa mort par noyade.