La Ville de Newport a fait preuve de prudence et démontré sa bonne volonté en mettant fin au traitement d’eaux de lixiviation captées à Coventry chez elle.

Newport ne traite plus le lixiviat de Coventry

MAGOG — La ville de Newport, au Vermont, a cessé de traiter du lixiviat provenant du site d’enfouissement de Coventry dans son usine d’épuration, conformément à ce qu’elle avait annoncé il y a quelques semaines. Il n’est cependant pas exclu qu’elle reprenne le traitement de lixiviat en provenance de ce lieu durant les prochains mois.

Présidente du comité de développement durable de la MRC de Memphrémagog, Lisette Maillé s’est rendue à Newport mardi en compagnie d’Alexandra Roy, chargée de projet à la MRC, et de Michel Cyr, chef de la division de gestion des eaux à la Ville de Sherbrooke. Le trio a rencontré sur place des représentants municipaux, dont le maire Paul Monette.

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« Cette rencontre est mon initiative. Je trouvais ça intéressant d’aller à la rencontre des gens de cette municipalité. Ça a été une occasion pour expliquer notre position et leur offrir notre collaboration », explique Mme Maillé.

Quand Newport a décidé d’arrêter de traiter du lixiviat en provenance de Coventry, elle a été guidée par le principe de précaution. Elle craignait en effet que son usine d’épuration déverse des contaminants inquiétants dans le lac Memphrémagog, réservoir d’eau potable pour plus de 150 000 personnes en Estrie.

« Newport veut obtenir plus d’information de la part de l’Agency of Natural Resources concernant une nouvelle classe de contaminants chimiques qui suscite des inquiétudes à différents endroits. Elle évaluera ses options une fois qu’elle en saura plus », souligne Lisette Maillé.

Tant la MRC de Memphrémagog que la Ville de Sherbrooke souhaitent l’arrêt à long terme du traitement du lixiviat du site d’enfouissement de Coventry à l’usine d’épuration de Newport. Pour mieux comprendre, il importe de savoir que ce type de substance contient de multiples contaminants relâchés par des matières enfouies dans le sol.

Impact monétaire

La Ville de Newport a fait preuve de prudence et démontré sa bonne volonté en mettant fin au traitement d’eaux de lixiviation captées à Coventry chez elle. Mais cette décision a un impact monétaire pour elle puisqu’elle recevait annuellement tout près de 200 000 $ de la part de la compagnie Casella Waste Systems et de sa filiale New England Waste Services of Vermont (NEWSVT) pour les services qu’elle leur offrait.

« Je les ai assurés qu’on ne veut pas leur dire quoi faire. Après tout, leur usine respectait les normes en vigueur au Vermont même avant l’arrêt du traitement du lixiviat du site d’enfouissement. L’idée, c’est plus de collaborer et de trouver des solutions de rechange. »

À ce sujet, le comité Québec-Vermont pour le lac Memphrémagog se réunira bientôt. Cette rencontre devrait permettre de discuter de cet épineux dossier ainsi que du projet d’agrandissement que NEWSVT a soumis aux autorités américaines pour son site d’enfouissement à Coventry.

L’Agency of Natural Resources a récemment autorisé, à certaines conditions, le projet d’agrandissement déposé par NEWSVT. Toutefois, il s’agit d’une décision pouvant faire l’objet d’un appel, sans compter que la commission environnementale du district sept aura également son mot à dire.