Alain Poirier

Neuf nouveaux cas en Estrie: les gens revenaient d'Europe

Le nombre de cas confirmés de COVID-19 est passé à 94 à 13 h mercredi au Québec. L’Estrie est particulièrement touchée alors que neuf nouveaux cas ont été rapportés, faisant bondir le nombre de cas confirmés en Estrie à 18. Tous les nouveaux cas sont des personnes qui ont voyagé ou leurs contacts étroits, comme un conjoint ou un enfant d’une personne ayant voyagé par exemple.

Avec 18 cas confirmés, l’Estrie devient ainsi la deuxième région la plus touchée du Québec après la région de Montréal qui a 24 cas confirmés.

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Par souci de confidentialité, le directeur de la Santé publique de l’Estrie Alain Poirier ne souhaite pas donner de détails sur les pays où ont voyagé ces neuf nouvelles personnes en train de combattre la COVID-19. Il confirme toutefois qu’elles auraient toutes voyagé en Europe, notamment en Italie et en Autriche.

« Personne n’est hospitalisé en ce moment. En gros, ce sont des gens assez jeunes, qui ont choisi de voyager pendant la semaine de relâche parce qu’ils ont des familles... Ils sont tous en quarantaine à la maison, et ils sont appelés tous les jours par nos intervenants de santé publique pour suivre l’évolution de leur condition », indique le Dr Alain Poirier.

À quoi ressemblent donc les symptômes des personnes malades jusqu’ici? « Ce type de corona est agressif et descend dans les poumons. À la radiographie, on voit des poumons plus blancs, des images de pneumonies. C’est plus dur pour les gens qui ont des problèmes respiratoires par exemple. Pour les symptômes et l’état général, ça ressemble plus à une influenza classique qu’à un banal rhume », précise le Dr Poirier.

« Une armée d’infirmières »

Pour l’instant, dit-il, « une armée d’infirmières » travaille derrière un téléphone au sous-sol du Complexe Saint-Vincent pour faire des suivis avec les personnes malades et leurs « contacts étroits ».

« Pour l’instant, c’est encore possible avec le nombre de cas que nous avons. Quand ça va être parti, on ne pourra peut-être plus appeler les gens un par un », indique le Dr Poirier.

Les 18 cas « ne représentent pas un problème » pour la Santé publique de l’Estrie qui est en mesure de faire des enquêtes sur tous ces cas. Mais chaque personne malade peut avoir de 10 à 15 contacts étroits. Parmi les contacts étroits, on note par exemple les conjoints, les enfants, d’autres personnes vivant dans la même maison, les aidants naturels ou des travailleurs de la santé qui ont soigné les gens malades sans prendre les précautions nécessaires.

Les contacts étroits de la personne reçoivent la consigne de s’isoler.

Quant aux personnes malades, elles doivent s’attendre à rester à la maison plusieurs semaines. En effet, jusqu’ici, une seule personne sur les 94 infectées au Québec est guérie de son coronavirus. « Ailleurs dans le monde, on parle de guérison 14 jours après le pic des symptômes, parfois plus longtemps », précise le Dr Poirier.

Employés appelés après un voyage

Le 12 mars, le gouvernement provincial a demandé aux Québécois qui reviendraient de voyage à partir de ce moment-là de se mettre en quarantaine pour une période de 14 jours même s’ils n’avaient aucun symptôme. Or les employés du CIUSSS de l’Estrie-CHUS qui sont revenus de voyage après cette date et qui ne présentaient aucun symptôme ont quand même été invités à venir travailler. S’ils travaillaient avec des clientèles à risque, par exemple aux soins intensifs, ils étaient réaffectés.

« Quand on travaille dans des secteurs de services essentiels, c’est difficile de laisser les gens à la maison 14 jours quand ils n’ont aucun symptôme. Quand on ne présente aucun symptôme, les chances de transmettre la maladie sont faibles. On a demandé aux employés de surveiller leur santé, de prendre leur température, de se laver les mains fréquemment et de porter un masque en tout temps », soutient le Dr Poirier.

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Les tests accessibles sans rendez-vous

 Les centres de test COVID-19 de l’Estrie sont accessibles sans rendez-vous, tient à rappeler la direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Ceux-ci sont situés sous les chapiteaux à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke et à l’Hôpital de Granby, ainsi qu’à l’intérieur des salles urgences de l’Hôpital d’Asbestos et du CSSS du Granit à Lac-Mégantic.

« La population semble confuse quant à l’obligation de prendre des rendez-vous pour accéder aux centres de test COVID-19 », indique-t-on du côté du service des communications du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Il n’a jamais été nécessaire de prendre rendez-vous depuis l’ouverture des centres de test samedi.

Rappelons que les quatre centres de tests sont ouverts tous les jours de la semaine, de 8 h à 20 h. Seules les personnes qui répondent aux trois critères suivants pourront être testées : revenir d’un voyage à l’extérieur du Canada, que les symptômes aient débutés dans les 14 jours du retour de voyage et présenter un ou plusieurs de ces symptômes : fièvre ou toux ou difficultés respiratoires.

Pendant les trois premiers jours d’activité et jusqu’à mardi midi, les cliniques de Sherbrooke et Granby ont effectué respectivement 678 et 584 tests. Le dépistage se continue. Mercredi à 15 h, 110 personnes se sont fait dépister à Granby et 81 à Sherbrooke. Marie-Christine Bouchard