Romain et Emmanuelle Bourse ont vécu des émotions fortes, vendredi dernier, quand leur premier enfant est venu au monde à l’intérieur de la halte routière de la sortie 115 de l’autoroute 10, à Magog.

Né dans une halte routière

Un couple de Français nouvellement débarqué au Québec a vécu des émotions fortes, en pleine tempête de neige, lorsqu’il a dû effectuer un arrêt imprévu à une halte routière pour accueillir son premier enfant. Pressé de venir au monde, le nouveau-né a vu le jour dans un corridor attenant au dépanneur Couche-Tard de la sortie 115 de l’autoroute 10, à Magog.

Accompagnée de la sage-femme Julie Couture, Emmanuelle Bourse a accouché dans un espace relativement exigu, mais privé, à l’intérieur de la halte routière de la sortie 115. Des ambulanciers sont venus prêter main-forte à la jeune maman et ont notamment fourni une civière pour faciliter son accouchement, lequel s’est d’ailleurs bien déroulé.

« J’étais tellement focalisée sur ma situation que je n’ai pas beaucoup pensé à ce qui était en train de se passer, raconte Mme Bourse. C’est vrai que c’est un accouchement atypique, mais je garderai tout de même un bon souvenir de cette expérience. J’en ris déjà. »

La nouvelle maman et son conjoint, Romain Bourse, sont arrivés en sol québécois il y a environ un mois et demi. Ils ont rapidement pris contact avec des représentants du réseau de la santé, après leur arrivée, afin de s’assurer qu’ils obtiendraient l’aide requise au moment de l’accouchement.

Le jour de l’accouchement, soit vendredi dernier, Julie Couture s’est rendue au domicile du couple en après-midi. La maman avait de « fortes contractions » et sentait le moment de la naissance s’en venir à grands pas.


« La tempête nous a d’autant plus ralentis que ce n’est pas facile pour des Français de rouler sur la neige. »
Julie Couture

L’enfant aurait pu naître dans le logement du couple, à Bromont. Cependant, puisque Romain et Emmanuelle n’avaient emménagé que récemment dans leur logement, il avait été décidé à l’avance que l’accouchement se déroulerait à la Maison des naissances de Sherbrooke.

Pressé de venir au monde, le nouveau-né a vu le jour dans un corridor attenant au dépanneur Couche-Tard de la sortie 115 de l’autoroute 10, à Magog.

« Lorsqu’on a quitté leur domicile, on ne savait pas qu’il neigeait autant dans le secteur de Magog et Sherbrooke parce que c’était super beau sur l’autoroute à Bromont. La tempête nous a d’autant plus ralentis que ce n’est pas facile pour des Français de rouler sur la neige », note Mme Couture.

Constatant en cours de route que la situation évoluait vite, la sage-femme et le couple ont convenu de se rejoindre à la halte routière de la sortie 115. « Ça devenait pressant et je savais qu’on aurait de l’aide à cet endroit. J’avais aussi tout mon matériel avec moi, donc on pouvait bien faire les choses malgré tout », explique Julie Couture.

Seulement trois heures se sont écoulées entre le moment où la sage-femme a constaté que la mère avait des « contractions efficaces » et la naissance du bébé à proprement parler. « C’est vraiment rapide pour un premier enfant. »

Julie Couture ajoute que le rythme cardiaque de l’enfant ne l’a jamais inquiétée pendant l’accouchement. « Le cœur était beau alors ça allait. D’ailleurs, le petit était super en forme après la naissance », assure-t-elle.

Romain Bourse admet avoir vécu des instants stressants durant le trajet en voiture entre Bromont et Magog. Mais il affirme qu’il conservera également un beau souvenir de cette journée hors du commun. « À la fin, ce qui est réellement émouvant, c’est de voir son enfant sur la poitrine de maman. Je trouve que ça a été un beau moment malgré le contexte », confie-t-il.

Avec les ambulanciers

L’accouchement a eu lieu dans un réduit attenant à l’un des restaurants de l’immeuble, explique l’ambulancier Anthony Veilleux.

«Nous nous rendions justement à notre point de service de la halte routière de la sortie 115 quand nous avons reçu l’appel pour un accouchement à cet endroit», explique-t-il. 

«Ça s’est passé dans un local isolé. Personne n’a entendu ni vu ce qui se passait. Tout s’est bien déroulé. Quand nous sommes arrivés, le travail était avancé. La dame avait perdu ses eaux. On commençait à voir les cheveux du bébé.»

L’événement a duré environ deux heures, ajoute M. Veilleux. La présence de la sage-femme a pu rassurer tout le monde. «C’est elle qui a pris le contrôle de l’accouchement», soutient-il.

«C’était un beau moment. C’était la première fois que je participais à un accouchement. Ça faisait différent des appels de détresse que nous recevons régulièrement. C’était une naissance, Un moment heureux.»

C’est son collègue Alexy Longpré qui  a pris l’enfant, ajoute Anthony Veilleux. «Tout le monde était soulagé, car l’enfant a fait un bon pleur. Nous avons par la suite pu amener tout le monde à la Maison des naissances. La famille était attendue et a été bien accueillie.»

«L’idée d’arrêter à la halte routière était la bonne, car il aurait fallu arrêter sur le bord de l’autoroute en pleine tempête pour procéder à l’accouchement», fait-il remarquer.

François Breton, chef aux opérations chez Ambulance de l’Estrie, se réjouit lui aussi de cet heureux événement. «Des accouchements, ça arrive à l’occasion pour les paramédics, mais dans un lieu public lors d’une tempête de neige, c’est plutôt rare», fait-il remarquer.