Nature Québec demande l'enfouissement de la ligne d'interconnexion

«Le gouvernement du Québec doit ramener Hydro-Québec à l'ordre, ne pas autoriser le projet tel que présenté et retourner la société d'État à sa planche à dessin.»
Christian Simard
C'est ainsi que réagit Christian Simard, directeur général de Nature Québec, concernant l'enfouissement de sa ligne électrique vers le New Hampshire du côté américain sans l'être du côté québécois, une information largement traitée par La Tribune au cours des dernières années.
Rappelons que ligne de transport électrique d'interconnexion doit être enfouie au New Hampshire alors que la portion québécoise demeurera aérienne, notamment sur le territoire estrien.
La mise en service de ce projet de 125 M $ aussi connu sous le nom Northern Pass est prévue en 2019.
La société d'État tient à préciser qu'elle ne payera «pas un sou pour la ligne de transport du projet Northern Pass du côté américain», contrairement aux informations véhiculées depuis mercredi matin.
«Ce sont les consommateurs américains qui paieront les frais de transport sur leur territoire à travers leurs tarifs d'électricité. Le projet est conçu pour être profitable pour Hydro-Québec et donc l'ensemble des Québécois», soutient Lynn St-Laurent, conseillère stratégique. 
Nature Québec dénonce qu'Hydro-Québec prétend que la solution de l'enfouissement dans le secteur du Mont Hereford est «techniquement moins fiable et beaucoup trop coûteuse, sans pourtant avoir fait d'étude approfondie de ce scénario. Pour Nature Québec, cet argument est «fallacieux, car la même ligne sera enfouie, quelques kilomètres plus au sud au New Hampshire».
«Hydro-Québec revient également avec l'argument que les Américains, en payant plus cher leur électricité, ont davantage les moyens financiers que les Québécois pour protéger leurs paysages et enfouir leur ligne.  Le partenaire d'Hydro-Québec aux États-Unis, la compagnie Eversource qui agit comme sous-traitant dans le dossier, a pourtant répété et confirmé que les consommateurs américains ne paieraient pas un sou de plus pour la construction de cette ligne.»
Hydro-Québec répond que «le Massachusetts souhaite obtenir un approvisionnement en énergie propre et dont le prix est stable. Elle a adopté une loi en ce sens, communément appelée la Loi Baker. Cette législation mènera au lancement d'un appel de propositions au cours des prochaines semaines pour une importante quantité d'hydroélectricité», déclare la société d'État.
«Dans le cadre de cet appel de propositions, il est établi que les compagnies d'électricité paieront les frais de transmission et d'énergie aux entreprises sélectionnées. Ainsi, ce sont les clients américains qui, à travers leurs tarifs d'électricité, paieront pour ce projet.»
Les arguments d'Hydro-Québec ne tiennent pas la route et tentent de masquer la réalité, s'insurge Christian Simard. «Il y a deux poids deux mesures en termes de conservation et de protection des paysages entre le Québec et les États Unis, dans un projet dans lequel Hydro-Québec garantit à terme tous les risques et tout le financement.»
En février, on apprenait que le du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) demandait à Hydro-Québec de réévaluer de manière plus détaillée l'enfouissement d'une partie de la ligne d'interconnexion Québec-New Hampshire avant d'obtenir le feu vert du gouvernement.
Il s'agissait là d'une des principales recommandations contenues dans le rapport du BAPE rendu public par le ministre de l'Environnement du Québec, David Heurtel.
Pour Nature Québec, le BAPE demandait ainsi à Hydro-Québec de refaire ses devoirs et de présenter des scénarios détaillés d'enfouissement de la ligne.