Moule zébrée: le lac Massawippi aussi hautement à risque

Le lac Memphrémagog n’est pas le seul plan d’eau en région dans lequel la moule zébrée, une espèce envahissante, est présente. On a aussi détecté la présence de ce mollusque dans la rivière Magog et le lac du même nom. Et on craint qu’elle apparaisse à d’autres endroits encore.

Selon les plus récentes analyses, le lac Massawippi est le plan d’eau le plus à risque dans la région. On n’a pas découvert aucune moule zébrée sur place, mais les conditions sont réunies pour que cette espèce prolifère dans celui-ci.

Trois éléments principaux doivent être pris en compte lorsqu’on analyse la vulnérabilité d’un milieu aquatique donné: le pH, la température et le calcium. Or, en Estrie, c’est précisément le troisième élément qui fait toute la différence.

Dans le lac Massawippi, le taux de calcium dépasse les 25 milligrammes par litre. Cette concentration permet non seulement à la moule zébrée de survivre, mais également de proliférer à un rythme acceléré.

«C’est certain que ce constat fait mal au coeur, concède sans difficulté Michèle Gérin, directrice générale de l’organisme Bleu Massawippi. S’il fallait qu’un couple de moules arrive au Massawippi l’été prochain, on il y aura de véritables tapis qui se formeront. Ça serait la fin. Il faut prendre ça au sérieux.»

L’inquiétude de Mme Gérin est d’autant plus grande que des bateaux passent régulièrement des lacs Memphrémagog et Magog, deux étendues d’eau colonisées par le mollusque, au Massawippi.

La directrice générale de Bleu Massawippi révèle que son organisation travaille de concert avec les municipalités riveraines afin de resserrer les règles s’appliquant aux utilisateurs du plan d’eau.

Freiner la prolifération

La découverte des premières colonies de moules zébrées au Memphrémagog remonte à l’été dernier. La MRC de Memphrémagog et plusieurs organisations du milieu ont dès lors commencé à se concerter dans le but de poser conjointement des gestes susceptibles de freiner la prolifération de l’espèce.

Afin de connaître l’ampleur du problème, des recherches sur le terrain ont été effectuées. Il a ainsi été démontré que l’espèce est présente dans la portion nord du Memphrémagog, mais pas dans sa partie américaine.

Au cours des mois à venir, la collecte de données se poursuivra. On entend par ailleurs organiser des «corvées bénévoles» pour retirer des moules zébrées de l’eau. Le travail sera réalisé de façon manuelle et sécuritairement.