Lynne Martel-Bégin, présidente du Syndicat local de l'UPA Haut-Saint-François et François Bourassa, président de la Fédération de l'UPA-Estrie

Motoneiges : les sentiers pourraient être bloqués dès lundi

Le jour J s'approche à grands pas: dès lundi prochain, les agriculteurs de l'Estrie vont retirer le droit de passage sur leurs terres aux motoneigistes et aux quadistes dans le but de se faire entendre auprès du gouvernement.
Derrière ce moyen de pression se cache le désir de repousser d'un an la refonte de la réforme du Programme de crédit des taxes foncières agricoles et d'avoir droit à une table de concertation avec les différents intervenants du milieu. « Ce que nous voulons, c'est que tous les intervenants s'assoient et qu'ils trouvent une solution durable avant la mise en place de la réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles. La population doit comprendre que ce que nous faisons, nous ne le faisons pas de gaieté de coeur », raconte Lynne Martel-Bégin, présidente du Syndicat local de l'UPA du Haut-Saint-François.
Ainsi, les agriculteurs espèrent un règlement rapide en ce qui concerne ce dossier puisqu'ils sont conscients des répercussions que leurs actions pourraient avoir sur la région. Ceux-ci espèrent même un dénouement rapide avec le gouvernement afin de ne pas mettre à exécution leurs menaces qui entrera en vigueur dans quatre jours. Cependant, celle-ci tient à préciser certains points concernant ce moyen de pression.
« J'entends souvent dire que les producteurs agricoles prennent en otage les clubs de motoneiges et de quads pour régler un problème avec le gouvernement. C'est faux. Les producteurs sont chez eux et ils paient des taxes sur leurs terrains. C'est donc un privilège et non un droit acquis », estime Mme Martel-Bégin.
De son côté, François Bourassa, président de la Fédération de l'UPA-Estrie explique la demande du report d'un an de la réforme par son taux d'augmentation très élevé auprès des agriculteurs. « Comme tous leurs concitoyens, les producteurs agricoles paient toutes leurs taxes sur leur maison et leur terrain, mais là, les taxes de l'entreprise agricole augmentent de 40 % en moyenne. Ça ne respecte même pas la Loi. On ne demande pas de budget supplémentaire. On veut des solutions à long terme pour la fiscalité agricole du Québec », explique-t-il.
Le Haut-Saint-François derrière ses agriculteurs
Présent lors de la conférence de presse, le préfet de la MRC du Haut-Saint-François, Robert Roy, tenait à démontrer le soutien de la MRC dans cette situation. « Je pense qu'il faut les appuyer dans leurs démarches et ils méritent d'être écoutés puisqu'ils ont un réel impact sur l'économie de la région autant en agriculture que pour les motoneiges », croit M. Roy.
Évidemment, si les menaces des agriculteurs se concrétisent bel et bien, cela aura certainement un impact sur le plan économique de la région. En effet, les motoneigistes contribuent grandement à faire rouler les différents commerces régionaux. De ce fait, le préfet de la MRC ne se met pas la tête dans le sable. « Oui il va y avoir un impact dans les régions, mais il faut comprendre que les gens demandent seulement d'être écoutés. Cette loi est arrivée à la dernière minute et elle n'a pas laissé de place aux discussions », ajoute-t-il.