Au moment où le SPS retirait son enquêteur au sein de l’Escouade régionale mixte, on apprenait cette semaine que le chapitre de Sherbrooke des Hells Angels avait été réactivé.

Motards : le SPS se retire de l’Escouade régionale mixte

Même s’il s’est retiré de l’Escouade régionale mixte (ERM), le Service de police de Sherbrooke assure qu’il continuera à lutter efficacement contre les activités criminelles du chapitre de Sherbrooke des Hells Angels.

« Travailler le phénomène des Hells Angels n’est pas nouveau à Sherbrooke. La population n’a rien à crainte à ce sujet. Nous allons continuer à lutter contre le crime organisé. Ce n’est pas la première fois que nous avons à contrer les Hells Angels. Le but demeure de continuer à travailler en renseignements en collaboration avec les autres corps de police », dit le directeur du SPS, Dany McConnell.

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Le Service de police de Sherbrooke n’affecte plus d’enquêteur directement à l’ERM depuis la fin mars, mais il continue néanmoins d’y collaborer ponctuellement.

« En dépit de notre retrait de l’ERM, nous allons continuer à collaborer aux échanges bilatéraux du renseignement criminel. Ce n’est pas parce que nous ne sommes plus membres permanents de l’ERM que nous ne continuerons pas à y contribuer. Lorsque des dossiers vont toucher le crime organisé, ce sont les cinq enquêteurs affectés aux stupéfiants qui vont travailler avec eux », confirme Dany McConnell.

L’inspecteur Guy Lapointe de la Sûreté du Québec soutient qu’il faut relativiser le fait que le SPS a retiré son enquêteur prêté à temps plein à cette escouade visant à lutter contre le crime organisé.

« C’est le choix de l’organisation policière municipale de Sherbrooke de se retirer. Nous sommes déçus, mais cette décision leur appartient. Cependant, ça n’enlève rien à notre collaboration ponctuelle », souligne l’inspecteur Lapointe.

Le SPS et la Régie de police Memphrémagog ont retiré leurs enquêteurs de cette escouade dans un contexte où le chapitre des Hells Angels de Sherbrooke a retrouvé ses couleurs au cours des dernières semaines.

« C’est certain que ce n’est pas optimal de ne plus avoir d’enquêteur de Sherbrooke à temps plein, mais nous allons continuer de travailler ensemble. Nous ne serons plus dans le même bureau. Nous avons besoin cependant de tous nos partenaires dans la lutte au crime organisé et les échanges d’informations vont se poursuivre. Le poste laissé vacant sera comblé par un enquêteur de la Sûreté du Québec », assure l’inspecteur Guy Lapointe.

Guy Lapointe

Travail ponctuel
Un enquêteur de la police municipale de Granby poursuit pour sa part son implication à temps complet au sein de l’ERM.

« Nous allons continuer à travailler des dossiers communs avec le Service de police de Sherbrooke, mais de façon ponctuelle. Nous allons être là et allons continuer à nous parler », insiste Guy Lapointe.

La méthode d’enquête pour lutter contre le crime organisé a changé en 2017. La structure se décline maintenant en trois divisions, soit l’Escouade nationale de répression du crime organisé (ENRCO) qui s’attaque aux têtes dirigeantes et les ERM qui s’attardent, l’une aux supporters des groupes criminalisés responsables des réseaux de distribution et l’autre à la vente de stupéfiants directement sur le terrain.

« Le nouveau modèle présenté d’escouade nationale du crime organisée vise davantage les têtes dirigeantes dans les grands centres comme Montréal et Québec. Au moment où nous avons pris la décision de nous retirer, la question que le chapitre de Sherbrooke refasse surface n’était pas encore présente. Nous maintenons notre décision pour le moment, mais elle demeure évolutive », assure Dany McConnell.

Il cite notamment l’opération Gaspésie tenue au début mai. Menée en collaboration avec la Sûreté du Québec, elle a permis la saisie de plus de quatre kilos de cocaïne.

« Cet exemple du 9 mai dernier démontre de façon concrète une belle façon de travailler contre la vente de stupéfiants sur le territoire avec la SQ », mentionne le directeur du SPS.

En 2014, la Sûreté du Québec, le Service de police de Sherbrooke, la Régie de police Memphrémagog et les services de police de Granby et Bromont avaient annoncé un protocole pour assurer la pérennité de l’Escoude régionale mixte en Estrie.

« Cette entente n’a pas été renouvelée. En 2014, l’ERM était financée à 100 pour cent. Maintenant, elle l’est à environ 50 pour cent. Cet aspect financier fait partie des explications à notre retrait, mais ce n’est pas le seul facteur », indique Dany McConnell.