Le coroner Richard Drapeau se questionne à savoir si un accompagnement médical vers l’hôpital de Sherbrooke aurait été bénéfique pour Samuel Poulin.

Mort de Samuel Poulin: le CIUSSS interpellé

Est-ce que la présence médicale au cours du transport interhospitalier de Samuel Poulin, dont la voiture a percuté l’arrière d’un poids lourd sur la route 139 à Granby en 2017, aurait été bénéfique pour le patient, qui a succombé à ses blessures ?

C’est la question soulevée par le coroner Richard Drapeau, chargé de faire la lumière sur les causes et les circonstances entourant la mort du Granbyen âgé de 39 ans. Tôt le matin du 16 juin 2017, il s’est retrouvé prisonnier de son véhicule qui a heurté à haute vitesse l’arrière d’un camion semi-remorque sur la route 139, près de la rue Cowie.

Les pinces de désincarcération ont dû être utilisées pour le libérer de sa voiture. À ce moment-là, il était inconscient, mais avait un pouls et respirait. Il présentait aussi un hématome et des lacérations. Traité par les paramédics, il a été transporté d’urgence à l’hôpital de Granby où il a été pris en charge par une équipe médicale.


«  Ce médecin aurait-il pu faire quelque chose pour diminuer l’enflure au cerveau ? Est-ce qu’un accompagnement médical aurait été bénéfique ?  »
Richard Drapeau, coroner

Après son évaluation et quelques traitements, la décision a été prise de transférer l’automobiliste au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. « Il est alors transporté par ambulance sans accompagnement médical », note le coroner Drapeau, dans son rapport d’investigation récemment rendu public.

À son arrivée à l’urgence sherbrookoise, un traumatisme craniofacial très sévère a été constaté. Après discussion avec ses proches, il a été décidé de mettre fin aux traitements.

Pendant son investigation, le coroner a notamment relevé que la victime avait pris le volant en état d’ébriété avancé. Un constat basé sur des échantillons sanguins prélevés peu de temps après son admission à l’hôpital de Granby. Avant d’être impliqué dans la collision, il s’était présenté chez une amie, à qui il aurait fait part de ses intentions de mettre fin à ses jours. Quinze minutes après être parti de chez elle, Samuel Poulin a été impliqué dans la collision qui s’est avérée fatale. Le coroner conclut à un geste volontaire.

Dans le cadre de son investigation, le coroner s’est questionné pour savoir si la présence d’un médecin à bord de l’ambulance qui a transporté Samuel Poulin jusqu’à Sherbrooke aurait pu améliorer son état de santé. « Ce médecin aurait-il pu faire quelque chose pour diminuer l’enflure au cerveau ? , soulève-t-il. Est-ce qu’un accompagnement médical aurait été bénéfique ? »

Recommandations
Le coroner formule des recommandations à l’intention du comité d’évaluation de l’acte du CIUSSS de l’Estrie. Il suggère notamment d’examiner la qualité des soins qui ont été prodigués à l’automobiliste.

Si, après étude, un accompagnement médical avait été nécessaire, le coroner estime qu’il serait préférable d’en informer le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de Granby.

Le dossier étudié
Le CIUSSS de l’Estrie a confirmé mercredi qu’il étudiera le dossier. « Le comité d’évaluation médicale, dentaire et pharmaceutique étudie les dossiers de décès survenu au CIUSSS de l’Estrie, a indiqué Geneviève Lemay, conseillère en communication, dans un message acheminé par courriel. À la suite à l’étude du dossier de M. Poulin, le comité fera état de ses recommandations, s’il y a lieu, au Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens tel que prévu et recommandé par le coroner. »