Un regroupement de citoyens engagés questionne la pertinence d’emprunter 5,1 M$ pour refaire des rues de Saint-Denis-de-Brompton.

Mobilisation contre un emprunt de 5 M$ à St-Denis

Des citoyens se lèvent à Saint-Denis-de-Brompton pour s’opposer à un emprunt de 5,6 millions $ que la Municipalité veut contracter pour réaliser des travaux majeurs de réfection de 4,6 kilomètres de rues sur son territoire (5,1 M$) et pour aménager un site pour les travaux publics.

Des affiches ont été placardées à différents lieux publics de la municipalité en fin de semaine pour inciter les citoyens à signer un registre à l’hôtel de ville, mardi, afin d’exiger la tenue d’un référendum sur ces emprunts jugés « extravagants ».

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« Le conseil de ville est-il rendu déconnecté de nos réalités? » peut-on lire sur le feuillet jaune signé par « un regroupement de citoyens engagés ».

En entrevue avec La Tribune, deux de ces citoyens, Pierre Sasseville et Bertrand Fortier, expliquent qu’ils sont d’accord qu’une Ville doit investir pour entretenir ses infrastructures, mais ils jugent que 5 M$, c’est trop. D’autant plus qu’ils viennent de recevoir un compte de taxes municipales en hausse de 19 et de 23 pour cent respectivement pour 2019.

Avec les chiffres fournis par l’administration municipale, il estime que ce nouvel emprunt représentera des versements annuels d’environ 200 $ par propriété, soit une augmentation moyenne de 12 pour cent qui s’additionne à la hausse de 2019 et qui sera récurrente.

« On demande au conseil municipal de gérer en bon père de famille et de retourner faire ses devoirs, explique M. Fortier. Est-ce qu’il y a moyen de refaire la rue Véronique à moindres coûts? »

« Le papa qui est avocat peut bien acheter des patins de 800 $ à son garçon alors que le travailleur d’usine va en acheter à 80 $, mais au final les deux garçons vont quand même pouvoir jouer au hockey », image M. Sasseville.

Le projet de réfection des rues présenté en assemblée de consultation le 23 janvier dernier consiste en 1,4 kilomètre des rues Véronique, des Sables et Tomy, ainsi qu’un tronçon de 3,2 kilomètres de la rue Mont-Girard Sud, qui est identifié comme une voie de contournement de la route 249 dans les plans d’urgence du ministère des Transports.

Inquiétudes

Ces quatre rues deviennent difficilement praticables au printemps. À un point tel que les services d’urgence soulèvent des inquiétudes quant à l’accessibilité aux résidences de ces secteurs, selon l’administration municipale.

Un résident de l’une de ces rues, qui préfère garder l’anonymat, confirme la problématique, mais n’en questionne pas moins la dépense. « Oui, je souhaite qu’ils réparent les rues, mais je ne suis pas certain que c’est à la hauteur de ce qu’on a besoin. J’aimerais voir les estimés avant de m’embarquer dans un tel emprunt », dit-il à La Tribune.

Le résident de longue date du village d’un peu plus de 4000 personnes craint lui aussi l’impact sur son compte de taxes, déjà en hausse marquée cette année, surtout que l’administration municipale ne cache pas avoir d’autres projets coûteux à court terme, dont l’hôtel de ville, le centre communautaire et la caserne de pompiers.

À savoir s’il est possible de restaurer ces rues à moindres coûts, le maire Jean-Luc Beauchemin assure que le conseil veut « corriger définitivement » ces problèmes récurrents.

« Les années où l’on faisait les choses à moitié sont derrière nous, peut-on lire sur le site web de la Municipalité. Notre population n’est certainement pas habituée à ces montants, mais nous sommes convaincus de prendre la bonne décision en ne tournant plus les coins ronds sur nos infrastructures. »

Il précise aussi que les estimations sont généralement plus élevées que la réalité et que le vrai prix sera connu au moment de l’ouverture de soumissions.

224 signatures requises

Le registre sera ouvert de 9 h à 19 h mardi, à l’hôtel de ville, et 224 signatures sont requises pour forcer le Conseil à tenir un référendum ou à annuler l’adoption des emprunts de 5,1 M$ et de 538 000 $.

« Sans le règlement no 677 (5,1 M$), ce sont tous les résidents des secteurs visés qui en sortiront perdants, car la municipalité ne dispose malheureusement pas de ces sommes pour réaliser les travaux correctifs requis qui ne rencontrent pas non plus les critères d’admissibilité aux subventions gouvernementales », précise l’administration municipale.

La location de résidences interdite près des lacs

Il sera finalement interdit à partir du 4 mars de faire la location à court terme de résidence près des lacs à Saint-Denis-de-Brompton. C’est ce qu’a décidé le conseil municipal après avoir reçu sept demandes d’opposants à la nouvelle règlementation prévue.

Dans les deux premières versions de ce règlement, le conseil municipal croyait qu’il était socialement acceptable de permettre la location de type Airbnb près des lacs quand il s’agit de résidence principale ou de chambres. Mais devant le mécontentement de plusieurs citoyens, la municipalité de Saint-Denis-de-Brompton recule d’un pas et décide d’interdire la location dans certaines zones près des lacs.

Autrement, le conseil estime qu’il se dirigeait vers un référendum et préfère éviter cette démarche coûteuse. La municipalité a pris cette décision puisqu’elle savait d’avance que les citoyens allaient tout de même s’opposer à la location avec les sept demandes valides reçues entre le 3 décembre et le 12 décembre.

Priorités

Le maire de Saint-Denis-de-Brompton, Jean-Luc Beauchemin, est « conscient que cette décision ne permettra pas aux personnes en faveur de la location à court terme de leur résidence principale et de chambres de s’exprimer ». Il explique que l’administration a « d’autres priorités pour le moment ».

Le conseil municipal croyait qu’il était acceptable de permettre la location puisqu’en consultation publique en septembre dernier, des citoyens défendaient l’avantage de louer leur chalet pour avoir un certain revenu, en plus de rencontrer des voyageurs de partout dans le monde.

De l’autre côté, plusieurs opposants ont exprimé leur mécontentement en raison du bruit, des risques environnementaux et de la perte d’un tissu social. Étant donné le nombre élevé de signataires contre l’enjeu, la Municipalité donne raison aux opposants.

Le droit acquis est conservé à la suite d’une demande valide qui a été déposée à la mairie. Ce droit permet la location à court terme à ceux qui ont eu leur accréditation de la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ) avant le 20 novembre 2018. - Camille Lacroix