Robert Bellefleur

Mise en demeure : Nantes appuie la Coalition

Le maire de Nantes, Jacques Breton, a été confronté par environ 25 de ses citoyens lors de l’assemblée de son conseil municipal, mardi soir, parce qu’il n’avait pas encore appuyé la mise en demeure envoyée au ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, par la Coalition de citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic.

Cette démarche judiciaire vise à faire stopper par le ministre le transport des matières dangereuses tant que les 253 rails défectueux signalés par un rapport de Transports Canada ne seront pas réparés au complet par la Central Maine and Quebec Railway (CMQR), sur le tronçon de chemin de fer entre Lac-Mégantic et Farnham, et que cette réparation ne sera pas confirmée par une inspection en bonne et due forme de Transports Canada.

M. Breton a fini par acquiescer à la demande de ces citoyens en donnant son aval à une résolution officielle pour appuyer cette mise en demeure par son conseil municipal.

« Ce sont des demandes raisonnables des citoyens de Nantes, reconnaît-il. Un maire travaille de concert avec les citoyens et son conseil municipal. Je ne pouvais pas appuyer tout seul, de mon propre chef, une telle démarche de mise en demeure. Le monde municipal fonctionne par résolutions officielles. »

C’est à la suite de deux déraillements mineurs survenus le 24 août que la Coalition a posé un geste d’éclat pour qu’il se passe enfin quelque chose.

« Vu le silence des autorités, le ministre Garneau ne semble pas prendre ça au sérieux. Il n’y a qu’une seule manière de régler ça, c’est d’enlever l’autorégulation aux compagnies ferroviaires. Tant qu’elles décideront elles-mêmes de leurs mesures de sécurité, je n’y crois pas! Six ans après la tragédie, il y a des coups de pied dans le derrière qui ne se donnent pas. On n’est pas censé avoir 253 rails défectueux », a poursuivi M. Breton en entrevue.

Enfin!

« Enfin un maire qui soutient et protège ses citoyens et qui n’a pas la langue de bois, a déclaré le porte-parole de la Coalition, Robert Bellefleur, en entrevue. J’ai remercié M. Breton et son conseil pour leur appui. Bien que tardive, la démarche du maire représente bien la situation, car il a fait un bon résumé de la problématique. Il a parlé des 253 rails, c’est très important. Il s’est fait brasser un peu par ses citoyens. Il me semble que seulement Nantes a une vision réelle du véritable danger des matières dangereuses sur les rails déficients, de Lac-Mégantic à Farnham. »

« Je me réjouis aussi qu’à Deauville se soit formé un comité qui se veut actif pour la sécurité ferroviaire, reprend M. Bellefleur. J’ai été en contact avec la responsable Anne Lebel qui nous appuie dans notre démarche de mise en demeure au ministre Garneau de faire cesser le transport des matières dangereuses. Et puis nous serons présents à l’assemblée du conseil municipal de Sherbrooke, lundi soir prochain, qui devrait prendre position pour demander à la CMQR la réparation des rails sur son territoire. »

M. Bellefleur a évoqué un témoignage qu’il a entendu d’une citoyenne au passage d’un long convoi de six locomotives, tirant au moins 35 wagons-citernes et d’autres wagons, qui passait assez rapidement sur les rails tellement ondulés que les wagons tanguaient dangereusement et qu’elle avait eu très peur.