Le Canadien Pacifique effectuera une mise à niveau des rails que l’entreprise a achetés à Central Maine & Québec Railway.

Mise à niveau des voies ferrées: l'alliance du corridor Estrie-Montérégie presse les gouvernements

Devant la volonté du Canadien Pacifique (CP) d’investir dans les rails récemment acquis de Central Maine and Quebec Railway (CMQR), l’Alliance du corridor ferroviaire Estrie-Montérégie (ACFEM) passe à la prochaine vitesse. Les membres de l’exécutif ont rencontré des représentants des gouvernements provincial et fédéral afin que ces derniers bonifient la mise à niveau du chemin de fer reliant Lac-Mégantic à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Vendredi, ils ont rencontré des gens de Transports Canada, d’Infrastructure Canada et de Développement économique Canada, à Ottawa. La semaine précédente, c’est dans les bureaux du ministère des Transports du Québec que l’exécutif s’était rendu pour demander une aide financière afin de réaliser une étude de faisabilité économique. Les résultats de cette étude permettront de présenter un projet complet au CP.

Dans les deux cas, le projet de corridor ferroviaire reliant Saint-Jean-sur-Richelieu à Lac-Mégantic a été présenté.

« On sait que le CP va investir pour revamper la voie ferrée. Nous, ce qu’on demande, c’est d’amener ça à un niveau 4, explique le président de l’ACFEM et maire de Bromont, Louis Villeneuve, en entrevue. L’objectif de CP est un niveau 3. Le niveau 4, c’est ce qui permettrait d’avoir éventuellement un train de passagers efficace, sécuritaire et qui pourrait aller plus vite ou à la même vitesse qu’un véhicule automobile. Si on veut avoir un train de passagers digne de ce nom et que les gens le prennent, il faut des avantages. »

Des membres de l’exécutif de L’Alliance du corridor ferroviaire Estrie-Montérégie ont rencontré des représentants du gouvernement Trudeau, vendredi, afin qu’Ottawa investisse pour bonifier la mise à niveau des rails, déjà prévue, ces derniers ayant récemment été acquis par le Canadien Pacifique.

Rapidité

Le Canadien Pacifique prévoit investir autour de 75 millions $ sur trois ans pour permettre le transport de marchandises à 65 km/h. « Ce qu’on veut, c’est de combler la différence entre une classe 3 et une classe 4, ce qui permettrait d’accepter des trains de passagers à une vitesse maximale de 120 km/h, ajoute Donald O’Hara, coordonnateur à l’ACFEM. Lorsque le projet de train de passagers verra le jour dans quelques années, si le réseau n’est pas déjà de niveau classe 4, il faudra refaire des travaux qui vont coûter des sommes faramineuses. Ça va coûter trop cher. Tant qu’à y être, faisons-le comme il faut une seule fois et ensuite on travaillera sur le projet de train de passagers. »

M. O’Hara y voit une certaine forme d’urgence puisque le nouveau propriétaire des rails semble prêt à commencer les travaux rapidement, ce que n’était pas prêt à faire CMQR. 

Les représentants de l’ACFEM ont profité de leur présence à Ottawa pour rappeler l’importance de la sécurité ferroviaire, mais aussi pour parler des défis et des irritants du projet. Le maire de Bromont donne en exemple le signal sonore du train lorsqu’il doit croiser une route. Le jour où il y aura des barrières de sécurité, le train n’aura plus à siffler pour avertir les gens de son arrivée et il pourra aller plus vite.

Écoute

« J’ai senti beaucoup d’écoute des différents ministères et des intervenants. Élisabeth Brière, la députée fédérale de Sherbrooke, est là pour nous aider. Je pense que ça valait vraiment la peine de monter jeudi à Ottawa, malgré la tempête, pour ces rencontres-là vendredi. Je suis vraiment content de ce qu’on a réussi à faire là-bas tous ensemble. »

Selon Louis Villeneuve, une telle alliance entre des municipalités de différentes MRC pour un même projet ne s’était jamais vue au Québec.

« Le projet a été reçu avec sérieux et enthousiasme parce que c’est un projet intégré », analyse Donald O’Hara. 

Il conclut que le projet de l’ACFEM sera favorable au tourisme, au transport de travailleurs et permettrait de diminuer les gaz à effet de serre.