Sans blâmer la municipalité de Waterville, M. Tremblay croit fermement que les lois reliées à la construction devraient être mises à jour.

Minimaisons : les normes devront changer

La Régie du bâtiment du Québec doit adapter ses normes pour encadrer le mouvement des minimaisons, qui gagne en popularité, estime le président du Mouvement québécois des minimaisons (MQMM), Benoit Tremblay, appelé à se prononcer sur la situation vécue par Serge Beaudette, forcé de démanteler sa demeure à Waterville.

Sans blâmer la municipalité de Waterville, M. Tremblay croit fermement que les lois reliées à la construction devraient être mises à jour.

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« Les réglementations d’urbanisme ne sont pas du tout adaptées au nouveau phénomène des minimaisons, c’est assez clair. Certaines municipalités sont plus ouvertes que d’autres à changer leurs lois pour accommoder les propriétaires de minimaisons, mais tant que le problème persiste au niveau de la Régie, il n’y aura pas l’uniformité souhaitée. Les lois ont changé aux États-Unis suite à l’avènement du phénomène », explique M. Tremblay.

Le président confie qu’environ 25 municipalités québécoises ont demandé une séance d’information de la part du MQMM pour connaître les changements qui devraient être portés aux lois. L’aspect le plus important, selon lui, relève de la superficie minimale.

« Je m’explique mal comment on peut construire des demeures aussi grandes qu’on le désire, mais qu’il y ait un seuil minimal de superficie. On observe pourtant un rapetissement dans l’industrie automobile pour diminuer la consommation, sans qu’elles soient moins sécuritaires. Pourquoi on ne pourrait pas faire de même dans l’habitation, afin de réduire la consommation? » questionne-t-il.

Pas un choix

M. Tremblay croit que les gens intéressés par le concept devraient être en droit de se faire construire des maisons moins spacieuses, expliquant qu’ils ont le droit de vivre selon leurs choix.

« Les gens qui veulent se construire ou habiter une minimaison ont la plupart du temps des valeurs environnementales et veulent réduire leur consommation. Ils décident de vivre selon leurs valeurs, ce qui devrait être encouragé pour chaque individu. »

Le phénomène des minimaisons a gagné trop de popularité pour être ignoré dans le code de la construction, poursuit-il.

« C’est un cas semblable à ce qui se passe en ce moment avec le cannabis. Que les gens soient pour ou contre, la société en est venue au constat que ce n’est pas une question de bien ou de mal, mais qu’il faut gérer la situation et statuer sur la légalité à grande échelle. »

Encourager l’accès à la propriété

En plus de permettre aux gens de vivre selon leurs convictions, les minimaisons représentent un accès à la propriété plus facile que l’achat d’une maison conventionnelle, beaucoup plus couteuse à cause de sa superficie, toujours selon M. Tremblay.

« Depuis une dizaine d’années, on remarque que les jeunes de nos jours ont de plus en plus de misère à devenir propriétaires. Si on ne veut pas créer une société de locataires éternels, faciliter l’accès aux minimaisons est crucial », remarque-t-il.

« En milieu urbain, ça aiderait aussi à régler certains problèmes liés à la mobilité ainsi qu’à l’environnement. La possibilité de construire des mini-maisons sur le toit de certains bâtiments dans les grandes villes est très intéressante, c’est une avenue qui mérite d’être explorée », estime-t-il, optimiste que la Régie du bâtiment du Québec adaptera ses lois à ce courant nouveau.