Ariane Orjikh, directrice générale du Memphrémagog conservation.
Ariane Orjikh, directrice générale du Memphrémagog conservation.

Mieux protéger le lac Memphrémagog

Jean-François Gagnon
Jean-François Gagnon
La Tribune
Il restera sans doute toujours du travail à effectuer pour mieux protéger un plan d’eau comme le lac Memphrémagog. Mais l’organisme Memphrémagog conservation et ses principaux collaborateurs ont maintenant une meilleure idée des actions à poser, à court terme, afin d’améliorer la protection de ce lac.

Le rapport préliminaire du Groupe consultatif de l’étude sur le Memphrémagog (GCEM) a été publié au cours des derniers jours. Il porte sur « l’apport de nutriments et l’impact de ceux-ci » sur ce plan d’eau.

L’étude réalisée a été réclamée par la Commission mixte internationale (CMI), laquelle avait préalablement été invitée par les gouvernements du Canada et des États-Unis à se pencher sur « les enjeux liés à l’apport de nutriments », tels le phosphore et l’azote, dans le Memphrémagog et la baie Missisquoi, au lac Champlain. La CMI souhaitait de plus qu’on identifie des mesures correctives.

Directrice générale du Memphrémagog conservation, Ariane Orjikh a travaillé à la préparation de l’étude avec plusieurs autres experts. Elle souligne que le manque de données en lien avec la qualité de l’eau du Memphrémagog constitue un problème évident.

« Les Américains ont le taux de phosphore pour leur partie depuis un bon moment déjà alors que, pour la portion québécoise de ce lac, on en sait beaucoup moins sur la variation de la concentration de cet élément avec les années. Il faudrait mettre en place un taux binational », suggère Mme Orjikh.

La directrice générale du Memphrémagog conservation indique également que les gens du Vermont ont une meilleure idée de la provenance des nutriments qui aboutissent dans la portion américaine du plan d’eau. Ces nutriments favorisent en outre la prolifération des plantes aquatiques.

« On aimerait travailler avec une modélisation qui détaillerait de la façon la plus complète possible la provenance des nutriments. Pour le moment, on est moins avancé sur cette question au Québec. C’est une chose à améliorer », soutient Ariane Orjikh.

À la lumière des informations colligées, Mme Orjikh conclut par ailleurs que les intervenants « manquent de coordination » dans le dossier des nutriments s’écoulant vers le lac. Elle considère par surcroît qu’il serait utile de monter un véritable plan d’action, lequel pourrait notamment prévoir des gestes pour hausser la superficie des terres protégées autour du Memphrémagog.

D’après elle, il est d’autant plus urgent d’agir que les changements climatiques joueront un rôle de plus en plus grand dans la problématique existante durant les décennies à venir. « Les pluies torrentielles et la hausse des températures créent un contexte encore plus propice à la prolifération de différentes plantes aquatiques et des cyanobactéries. »

Ariane Orjikh espère que l’étude réalisée, disponible pour commentaire sur le site de la CMI, « donnera de la visibilité au lac Memphrémagog » et que le gouvernement du Québec dénichera des fonds pour supporter les organismes qui souhaitent préserver cette ressource.