Les citoyens de Cookshire-Eaton ont plaidé en faveur d'une entreprise locale pour le projet de microbrasserie. On aperçoit ici Mathieu Garceau-Tremblay du Boquébière discuter avec une citoyenne à la clôture de la séance extraordinaire.

Microbrasserie à Cookshire-Eaton : l'entrepreneur remis en question

Il n'y en aura pas de facile pour la microbrasserie qui souhaite ouvrir ses portes à Cookshire-Eaton. Alors que lundi le nombre insuffisant de signatures obtenues dans un registre référendaire leur permettait d'aller de l'avant avec la construction, une séance extraordinaire du conseil municipal était tenue mercredi pour revoir le choix de l'entrepreneur retenu pour le projet.
Par cette rencontre demandée par les conseillers Roger Thibault et Yvan Tremblay, on souhaitait l'adoption d'une résolution concernant le cautionnement assujetti au plus bas soumissionnaire du projet. Sans remettre en question la construction de la microbrasserie menée par les fondateurs du Boquébière, ils prétendent que la Ville ne peut favoriser un entrepreneur au détriment d'un autre, d'où la proposition de choisir le plus bas prix.
Après le processus de soumission, c'est finalement Construction Gératek de Sherbrooke qui avait été retenu par la corporation Cookshire-Eaton Innovation. Comme le Boquébière avait déjà travaillé avec l'entreprise, les promoteurs connaissaient la qualité de son travail et étaient à l'aise d'aller de l'avant avec elle.
Or c'est Construction Groupe Prévost Inc., une entreprise de Cookshire-Eaton, qui avait les tarifs les moins élevés avec 100 000 $ de moins que l'entreprise retenue. La conseillère Sylvie Lapointe explique toutefois que comme la soumission ne faisait pas état de la bonne sorte de tuiles, elle avait été rejetée du processus pour non-conformité.
Présent à la séance, Danny Prévost de Construction Groupe Prévost Inc. affirme qu'il offrira la bonne variété de matériel tout en conservant le prix final proposé même si cela coûte plus cher. N'ayant eu que huit jours pour fournir sa soumission avant la fin de la période d'envoi, il admet pouvoir s'être trompé, mais il est prêt à assumer cette erreur.
Au-delà d'offrir le contrat au plus bas soumissionnaire, quelques citoyens présents ont fait valoir qu'ils aimeraient voir le projet réalisé par une entreprise de Cookshire-Eaton. « Qu'on donne l'ouvrage à nos gens d'ici, ce sont des payeurs de taxes », a fait valoir une dame dans l'assemblée.
« Pourquoi ne pas encourager l'achat local? Pourquoi je n'aurais pas la chance de faire une belle bâtisse en entrant à Cookshire? Je viens de Cookshire, tous mes sous-traitants aussi, les retombées économiques seront à 100 % ici », questionne de son côté Danny Prévost.
Avant de passer au vote, Mathieu Garceau-Tremblay du Boquébière soulevait un questionnement. Si le souci est vraiment de ne pas favoriser un entrepreneur au détriment d'un autre, ne faudrait-il pas recommencer le processus d'appel d'offres? Les tarifs proposés seraient probablement différents si les entreprises savaient que le contrat irait au moins coûteux.
Le conseiller Yvan Tremblay souligne alors qu'il ne voudrait pas retarder la construction de la microbrasserie plus qu'elle ne l'a déjà été. Le lancement d'activité était en effet prévu en juillet dernier. La résolution était ainsi proposée pour convenir à toutes les parties prenantes.
Elle a finalement été adoptée à cinq contre un. Mais Martin St-Pierre, fondateur du Boquébière, laissait entendre que le dossier n'était pas fini en sortant de l'assemblée.