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« Habituellement, nous produisons environ 300 gallons de sirop par saison, mais cette année nous avons peine à produire 150 gallons », explique Marie-Claude Laverdière,  responsable des communications à l’érablière Au bec sucré.
« Habituellement, nous produisons environ 300 gallons de sirop par saison, mais cette année nous avons peine à produire 150 gallons », explique Marie-Claude Laverdière,  responsable des communications à l’érablière Au bec sucré.

Mère nature n’avait pas la dent sucrée cette année

Viatka Sundborg
Viatka Sundborg
La Tribune
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Pour certains, le temps des sucres tire à sa fin, pour d’autres la saison n’est qu’à mi-chemin, mais plusieurs peuvent déjà affirmer que cette année ne sera pas une année record pour la production de sirop d’érable. De moins grandes quantités et du sirop plus ambré qu’à l’habitude marquent la production 2021 des érablières d’ici.

« Mère nature n’a assurément pas été de notre côté cette année. Les températures très chaudes que nous avons connues dans les dernières semaines ont nui à la quantité d’eau d’érable récolté », explique Jean-François Laplante, propriétaire de l’érablière Érabilis situé à Sherbrooke.

M. Laplante poursuit ses explications en affirmant que des températures douces le jour, mais froides la nuit sont nécessaires pour favoriser la production. « Cette année, il a fait chaud de jour comme de nuit. Ce n’est pas très bon pour nous puisque les bourgeons éclosent plus rapidement et la sève monte ensuite », ajoute-t-il. 

La sève est l’ennemie jurée du sirop d’érable comme l’a mentionné M. Laplante. « C’est une réelle course contre la montre le temps des sucres », dit-il, tout en spécifiant qu’une fois les bourgeons sortis, la sève monte pour les nourrir et la saison est officiellement terminée. 

Érabilis récolte l’eau d’érable grâce à un système de tubulures installées à chacun des arbres. Toutefois, les problèmes de quantité et de qualité du sirop d’érable produit sont tout aussi rencontrés par des érablières traditionnelles qui récoltent l’eau des érables à l’aide de chaudières.

« Habituellement, nous produisons environ 300 gallons de sirop par saison, mais cette année nous avons peine à produire 150 gallons », explique Marie-Claude Laverdière responsable des communications à l’érablière Au bec sucré. « Le sirop que nous produisons cette année est majoritairement de qualité B, donc plus ambré avec un gout d’érable plus prononcé que du A ou encore du AA qui est très clair », dit-elle. 

De moins grandes quantités et du sirop plus ambré qu’à l’habitude marquent la production 2021 des érablières d’ici.

Suivant la réouverture des salles à manger, les érablières ont pu ouvrir leurs portes au public pour les célèbres repas de cabane à sucre. Toutefois, Mme Laverdière est forcée de constater que l’affluence des clients en salle est moins importante qu’en temps normal. Les boites repas sont, cependant, un énorme succès pour l’entreprise. « Je croyais que nous allions en vendre une centaine, mais actuellement c’est près de 750 boites que nous avons vendues, dont 400 boites seulement, pour la fin de semaine de pâque », mentionne Marie-Claude Laverdière. 

« On est d’heureuses victimes du succès de nos boites repas. Par contre, chacune des boites comprend une canne de sirop et avec la maigre production que nous avons cette année nous voyons notre inventaire s’envoler à un rythme fou », poursuit-elle. 

Jonathan Blais, président du conseil d’administration de l’association des producteurs et productrices acéricoles de l’Estrie, rappelle que la saison n’est pas terminée pour tous. « Effectivement, la période de récolte pour les régions de Sherbrooke et environ, où le climat est beaucoup plus chaud, tir à sa fin. Par contre, les régions plus montagneuses comme à Lac-Mégantic n’en sont qu’à la mi-saison en raison du climat différent », explique-t-il. 

« Il est important de rappeler que les dernières années ont été exceptionnelles pour la production de sirop d’érable. Je crois que cette saison n’est qu’une saison régulière, mais pas nécessairement une mauvaise saison », nuance-t-il. 

Pour ce qui est de la qualité du sirop, le président du conseil d’administration de l’association des producteurs et productrices acéricoles de l’Estrie mentionne que plusieurs producteurs lui ont déjà fait état d’un taux de sucre plus bas qu’à l’habitude dans l’eau récoltée. « Sans me lancer dans des explications scientifiques, ce phénomène a pour effet de produire beaucoup moins de sirop pour une même quantité d’eau d’érable », conclut-il. 

La pandémie a gravement touché les érablières. « C’est comme si, de par notre caractère saisonnier, nous avions été oubliés aux yeux du gouvernement. Par contre, bien que nous opérons que deux mois par années, nous devons débourser pour l’entretien des bâtiments 12 mois par année » souligne M. Laplante. 

Un printemps plus hâtif est rarement sujet de critique, mais cette fois, celui-ci vient ajouter au fardeau pesant sur les producteurs de produits d’érable.